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recits

TEMPLIERS 2015 : Un nouveau conte de fée !

Publié le par bigben

TEMPLIERS 2015 : Un nouveau conte de fée !

La préparation :

Elle fut quasiment parfaite !

A la base ce n’était pas gagné : je croyais un peu présomptueux de pouvoir enchaîner 2 compétitions de plus de 60km avec 1 mois d’intervalle. Pour moi ce n’était pas raisonnable, car après les championnats de France, il faut compter une semaine de récupération, avant les templiers il faut compter une petite dizaine de jours pour arriver frais comme un gardon du coup ça ne me laissait que 2 petites semaines de travail, ce qui représente vraiment une mini préparation !

Mais on a qu’une seule vie, on est un peu barjot aussi, du coup je me suis dit on s’en fout, feu patate, et on verra comment tout ça peut passer, ça fera une expérience en plus !

D’ailleurs, ayant fait 2ème aux championnats de France alors que ma préparation n’était pas optimale, j’en retirais deux choses : ma saison sera tout de même réussie, et j’ai encore une marge de progression !

Donc entre les championnats de France et les templiers j’ai essayé d’en faire un maximum : j’ai pu participer au trail de mon club de Noyelles sous Lens, faire un 10km en 32’30’’, faire un trail à Banca et aussi les 15km de la Nive, le tout en continuant à m’entraîner à fond avec comme point final une sortie de 70km et 4000d+ 10 jours avant les templiers qui s’est passée parfaitement, sans blessure ni bobo !

Tous les voyants étaient aux vert, mon rythme cardiaque n’avait jamais été aussi bas (d’ailleurs impossible de savoir à combien j’étais car ma montre n’affiche pas les battements par minute lorsque l’on est en dessous de 30 bpm … ) , j’ai réussi à atteindre mon poids de forme de 79kg en mangeant énormément de salade et de soupe ( d’ailleurs j’en avais plein les fesses ! ), et je pense que je n’avais jamais été aussi en forme ! Toujours sans pépin physiques, ce qui est le plus important !

Autant dire que j’arrivais aux templiers en pleine confiance et que je ne le cachais pas, il faut savoir dire lorsque ça va moyen mais aussi dire lorsque tout va bien !

De plus ma petite femme m’accompagnait ce qui est toujours bon d’avoir la personne qui compte le plus auprès de soi !

Cerise sur le gâteau, cette année j’étais invité par l’organisation grâce à ma victoire de l’année dernière du coup au lieu de dormir à l’arrache dans la voiture nous étions logés dans un petit chalet à deux pas du départ, quelle chance j’ai !

Nous sommes donc partis vendredi soir sur Millau et nous sommes arrivés sur les coups de 23h30 à notre petit chalet.

Après une bonne petite nuit de sommeil, la matinée du samedi fut consacrée à une conférence de presse avec l’organisation et tous les athlètes « élites » de la course, suivie d’une présentation aux coureurs qui partaient faire un trail dans la foulée.

Ce fut l’occasion de retrouver les athlètes avec qui on avait fait les championnats du monde (et les France aussi ) tels Patrick Bringer, Sylvain Court, Nicolas Martin, Maude Gobert, Anne-Lise Rousset, … et aussi les coach qui prennent soin de nous Philippe Propage et Gilles Guichard.

Donc la matinée fut vraiment sympa, j’ai profité de ces instants car encore une fois je sais que je suis chanceux d’être là !

Il y a aussi un challenge à relever : cette année on doit gagner le titre par équipe ! Je pense qu’avec la sélection qu’on a, nous devrions remporter le titre mais faut tous qu’on assure pour l’équipe, c’est important !

L’après-midi mon frère Charly nous a rejoint (il est venu d'Aubenas spécialement pour la course !) et nous sommes allés manger dans un petit restaurant sympa.

A l’issue, j’ai retrouvé Benoit Holzerny le manager de Mizuno avec qui nous sommes allés voir Geoffroy Sarran et Séverine Holzerny courir l’après-midi et qui remportèrent leur course ! J’avais plus qu’à faire comme eux le dimanche, c’est facile ! lol

En fin d’après-midi un peu de repos, préparation des affaires :

-baskets Mizuno Mujin 2 qui en confort et solidité sont géniales

- cuissard court Mizuno

- T-shirt Mizuno technique avec un deuxième t-shirt qui colle au corps en-dessous pour ne pas attraper froid (finalement j’aurai du mettre plus … )

- Petite ceinture avec une gourde de 750ml d’eau/coca, les numéros de téléphone de l’organisation et 2 gels de clifbar

Au soir retour au même restaurant pour se casser le ventre ! Au menu quiche au roquefort, pâtes au roquefort et brownies au chocolat ainsi que quelques frites de l’assiette de ma chérie.

Ah oui, j’oubliai, entre temps nous sommes passés à Lidl pour acheter des pains aux raisins et quelle déception pour moi car il n’en restait plus qu’un ! snif ! Donc j’ai pris le dernier pain aux raisins puis j’ai acheté 2 pains aux fromages, ça fera l’affaire !

Après avoir bien dîner, direction le chalet pour aller au lit pas trop tard, avec ma chérie on se met un petit épisode de Narcos, une petite série sur Pablo Escobar bien sympa, et je dois m’endormir devant l’ordinateur vers un petit 22h00, j’ai vraiment été surpris de n’avoir aucun stress pour la course du lendemain, j’étais tellement en confiance que je me disais que tout allait bien se dérouler et que je n’avais rien à perdre .

Dimanche matin :

3h45 : réveil ! Encore une fois quelle chance d’être dans ce chalet, ça permet vraiment d’être dans la situation idéale pour effectuer les Templiers, un réveil au chaud, avec la télévision, c’est que du bonheur !

Mon frérot dormait à côté de nous, on se réveille doucement et j’attaque mon petit déjeuner, pains aux raisins, pain au fromage, que c’est bon ! J Le tout avec un grand bol de thé et c’est parti mon kiki ! Je m’habille léger, car ni pluie ni froid ne sont attendus; c’est vraiment des conditions idéales.

Je donne mon ravitaillement à mes deux supporters de choc, mélange eau coca en boisson, banane à chaque ravitaillement et 2 gels clifbar que je porte sur moi en cas de coup de mou et surtout pour manger entre le 3ème et 4ème ravitaillement car il y aura 2heures de course durant lesquelles je ne verrai pas mon équipe.

Il va être 5h00, le départ va être donné dans 15 minutes, il va être temps de descendre pour trottiner légèrement et faire un tout petit échauffement.

Cette année, ma tactique de course est bien sur carrément différente de l’année dernière : j’ai acquis plus d’expérience et surtout vu que je me sens mieux, je pars clairement pour la gagne. Maintenant, la course est très longue, il peut se passer pleins de choses imprévisibles, j’ai des adversaires redoutables, des étrangers que l’on connait peut et qui sont peut-être des monstres donc je vais tout donner ( comme d’habitude ) et puis on verra à la fin ce que ça donnera mais ce qui est sûr c’est qu’en début de course je compte bien rester dans les premiers, ce qui change avec l’année dernière où j’avais laissé partir les premiers pour les reprendre au fur et à mesure de la course.

J’ai aussi un statut de favori, l’honneur de porter le dossard numéro 1 (ça c’est un truc génial aussi, porter le numéro 1 aux templiers c’est un honneur !) donc on va faire honneur à tout ça et assumer ce rôle de favori !

05h10 : je me place sur la ligne de départ, on retrouve tous les favoris devant, ainsi que des têtes que je connais moins, vivement le départ, qu’on lâche les fauves dans l’arène et qu’on puisse s’expliquer !

Je donne mes dernières affaires à ma team de choc, derniers bisous à ma chérie et mon frèrot, dernier coucou à Benoit Holzerny, on est chaud comme la braise !

05h15 : le départ est donné ! Enfin, c’est parti mon kiki ! Quelle ambiance, quel spectacle, c’est vraiment grandiose ce départ des templiers, ça donne toujours autant de frissons, qu’est-ce que c’est bon !

Tout de suite ça part moins vite que l’année dernière, nous étions à un bon 15 km/h alors que l’année dernière c’était 16 km/h.

Tant mieux, ça permet de bien finir l’échauffement ! Cette fois-ci je me tiens aux avant-postes, pas question de laisser filer quelqu’un sans savoir qui c'est !

Au bout de 3km arrive la première montée qui va permettre d’étirer tout le peloton car nous sommes encore un gros paquet !

Ca monte donc à un rythme sympa, pas trop vite encore, je suis vraiment surpris que personne n’essaie de prendre la poudre d’escampette, on retrouve devant Patrick et Nico qui sont de bons grimpeurs et pour ma part je reste légèrement en retrait, en 10/15ème position, je ne veux pas me mettre dans le rouge dans des portions qui ne me conviennent pas particulièrement. Par contre je garde toujours en ligne de mire la tête de course.

La montée se passe bien, et nous arrivons au sommet de cette première difficulté encore très nombreux ! Nous devons être une trentaine, nous sommes beaucoup trop, le rythme est vraiment très léger en ce début de course. J’ai l’impression que personne n’ose prendre la course à son compte, on se regarde pas mal et on court par à coups, je pense que le fait qu’il fait encore nuit en refroidit plus d’un ce qui est normal !

KM6 au KM 18 : nous sommes sur un plateau et nous courons toujours par à coups, ça accélère, on commence à perdre des coureurs, puis ça ralentit, du coup tout le monde rentre, Nico Martin, Sylvain Court, Manu Gault, moi-même prenons la tête de temps en temps mais sans trop appuyer sur le champignon. D’ailleurs à plusieurs reprises j’avais envie d’accélérer comme il se doit pour faire un tri du peloton mais je me retenais me disant qu’il était encore très tôt, que la course allait être longue et qu’il fallait attendre que le jour se lève pour voir où les choses en seront. Je prenais donc mon mal en patience mais à plusieurs reprises j’avais réellement envie d’envoyer du pâté ! ;)

KM 18 : on attaque la descente en direction du premier ravitaillement, Nico est en tête suivit de Sylvain, de moi-même et Patrick juste derrière. Il y a aussi d’autres concurrents mais je me retourne pas et je ne sais pas qui il y a d’autre, le rythme en descente est très bon, je pense qu’on risque de perdre quelques concurrents qui ne sont pas à l’aise dans cette descente car on ne traîne pas ! Tout se passe toujours bien pour ma part, je me prépare à arriver au premier ravitaillement ou mon équipe de choc m’attend, il ne va pas falloir perdre une seconde !

KM 23 : ravitaillement de Peyrelau après 1h40 de course environ, ma team est là, bien présente, changement de bidon express eau/coca par Nath, Charly me donne ma banane, je lui laisse ma frontale car le jour se lève et c’est reparti mon kiki ! On ne peut pas faire plus vite je pense !

KM 23 à 25 : 2ème ascension de la journée : à l’issue du ravitaillement je me retrouve en tête en compagnie de Nico, derrière il y a Sylvain, Patrick et Tofol l’espagnol qui sont à 15 petites secondes.

Avec Niko on attaque donc l’ascension en imprégnant un bon rythme, on verra si on arrive à creuser un écart ou pas ! C’est Nico qui prend les devants, il est meilleur que moi donc je laisse faire, et je m’accroche ! On monte donc rapidement, tout passe très vite mais derrière ça ne lâche pas, l’écart ne grandit ni ne faiblit, ça va être difficile de faire le trou et de s’échapper à deux, mais on ne lâche pas et on continue !

KM 25 : on arrive au sommet de cette deuxième difficulté, on attaque une partie roulante qui me convient mieux et je prends les devants en espérant creuser un écart, nous devons avoir une vingtaine de secondes d’avance, c’est toujours ça de pris ! On discute vite fait avec Nico et on continue notre bonhomme de chemin, peut-être que l’échappée du jour prend forme, c’est ce que j’espère et Nico aussi je pense !

KM 29 : on attaque une petite descente un peu technique, nous levons légèrement le pied pour ne pas prendre de risques inconsidérés, et bien sur qui on voit débouler à cent à l’heure derrière nous ? Nos poursuivants ! Avec Sylvain qui descend énorme, ils ont bouché le trou très rapidement ! Ce n’est pas grave, ce ne sera que partie remise et ça nous aura permis d’effectuer cette petite descente tranquillement sans puiser dans les réserves.

KM 30 : Nous sommes donc à nouveau regroupés à 6 ou 7 coureurs et nous attaquons une petite montée à travers un petit layon sympathique, je prends ma première gamelle de la journée en ne levant pas assez mes pieds, Patrick en prend une aussi juste devant moi ( j’apprendrai par la suite que son abandon était dû à cette chute … ) le rythme est bon, on peut difficilement aller plus vite sur cette partie. Je me sens encore très frais, je suis avec la tête de course, pour l’instant c’est parfait ! Mais à ce moment c’est encore impossible de dire qui est le plus fort et aussi impossible de prévoir qui sera sur le podium ! Personne ne se découvre (ou alors tout le monde est à fond et je me rends pas compte de ça, mais cela m’étonnerait !) donc le suspens est total !

KM 33 : j’arrive en tête au deuxième ravitaillement, comme je n’étais pas sûr que ma femme soit sur ce ravitaillement j’ai voulu prendre un peu d’avance pour arriver en premier et avoir le temps de faire le plein de mon bidon sur une table au cas où mon équipe ne serait pas là !

Mais quelle surprise de voir aux côtés de ma femme mon frère Antoine, Pachy et François venus tout droit du pays basque me faire la surprise de venir me supporter pour les Templiers ! C’est énorme ! Ils sont partis à 2h00 du matin car Pachy travaillait, ils ont roulé toute la nuit pour arriver au petit matin au deuxième ravitaillement de la course ! J’hallucine complet !!! Ils sont vraiment débiles de faire ça pour moi ! Mais qu’est-ce que ça me touche, j’ai une chance inouïe ! Le seul bémol est que mon autre frérot Charly a été bloqué par un vigile débile qui n’a rien compris aux ordres et qui n’a pas voulu laisser passer la voiture malgré le passe qu’on avait … du coup Charly a loupé les ravitaillements 2 et 3 …

Revenons à la course, j’hallucine donc encore lorsque je vois cette brochette de basques, ça me rebooste encore plus à l’idée qu’il faut que je fasse quelque chose de grand aujourd’hui ! Ravitaillement express et en sortant du ravitaillement, alors que j’entends hurler des « allez Benoit !!!! » je me retrouve avec Tofol, les autres sont juste derrière, à quelques mètres, le tournant de la course va avoir lieu ! ;)

KM 34 : mise en route de kit noose ! lol (le vrai kit noose pachcalou, pas les prouts prouts prouts !!! ;) )

Je ne sais pas pourquoi, mais c’est à ce moment que je me suis dit c’est parti mon kiki, ça fait maintenant 3h00 de course, on arrive à mi-course et si tu veux montrer que t’es fort c’est maintenant qu’il faut tenter le coup ! Le terrain est propice à mes qualités de vitesse, je décide donc de lâcher les chevaux et d’accélérer franchement pour partir seul ! Je ne voulais que personne ne me suive pour courir à mon rythme et pas à celui d’un autre ! Je me savais en forme, et je voulais prendre le risque de partir seul pour effectuer une course différente de ce que j’ai l’habitude de faire.

KM 34 à 38 : à fond ! C’est simple, je vais le plus vite possible pour ne laisser aucune chance à mes adversaires ! Descentes à fond, remontées à fond, mais je me sens bien, donc c’est un plaisir de se donner ! La seule chose chiante c’est que je ne sais pas si je creuse un gros écart ou pas, donc je ne me ménage pas et j’envoie du pâté ! Peut-être que c’est une connerie et que je le paierai par la suite, mais j’ai envie de jouer et de tenter le coup, être en tête des templiers avec le dossard numéro 1 sur soi, c’est vraiment génial quand même !

KM 39 : J’attaque la descente direction la roque sainte marguerite, encore une fois je vais à fond, je prends des risques mais je sais que c’est à l’issue de cette descente que j’aurai une idée des écarts que j’aurai réussis à creuser, étant donné que je veux marquer mon territoire et montrer que je suis costaud, et bien il faut pas s’économiser maintenant ! Et tout le temps pris me permettra peut-être de gérer un coup de moins bien qui peut arriver à tout moment, car j’y pense aussi à ça ! (Si je gagne l’année dernière c’est grâce au coup de moins bien de l’Américain sinon je ne sais pas si j’aurais réussi à le rattraper !).

KM 44 : je passe le pont de la roque sainte marguerite, je ne m’arrête pas faire le plein d’eau, je sais qu’il me reste une grosse montée puis après il y aura le ravitaillement. Il y a pas mal de personnes au village qui m’encouragent, ça fait chaud au cœur et ça motive encore plus à se surpasser, les sensations sont encore très bonnes, Benoit Holzerny et Severine sont là pour m’encourager, ça revigore grave !

Mais la grosse question que je me pose à ce moment c’est quels sont les écarts ? J’ai vraiment voulu accélérer et il me tarde d’avoir un chiffre qui j’espère sera de plusieurs minutes ! Puis pendant la montée on m’annonce 2’ minutes d’avance ! C’est génial ! Je n’aurais pas cru prendre autant de temps d’avance mais que c’est bon d’entendre ça et de savoir que les efforts paient !

J’attaque donc la monté en pleine confiance, les sensations sont toujours très bonnes et je lève légèrement le pied, j’ai acquis une bonne avance, maintenant il faut gérer et ne pas s’enflammer non plus, il doit rester 3 bonnes heures de course, il peut se passer pleins pleins pleins de choses d’ici là ! Mon objectif est de bonnifier ces 2 minutes d’avance lorsque j’arriverai au dernier ravitaillement au Cade. La route est encore longue, très longue mais faut bien se fixer des objectifs pour se motiver !

KM 44 à 46 : Montée sur Pierrefiche, 3ème ravitaillement : tout se passe bien, les sensations sont toujours bonnes, je gère la fougère, et il me tarde d’arriver sur Pierrefiche voir ma team de compétition me ravitailler. Tout au long de la montée je me ressassais la course de l’année dernière, pas mal de souvenirs me revenaient, et c’était génial ! Je me disais tiens l’année dernière j’étais avec 3 mecs et à cet endroit je marchais car ça allait trop vite alors que cette année je cours et je me sens bien ! Trop bien ! lol

KM 47 : Ravitaillement de Pierrefiche, pleins de monde, pleins d’encouragements, c’est encore des moments comme ça qu’on aime ! Je cherche ma team qui est bien sur présente et prête à effectuer un ravitaillement en un temps record, ça traîne toujours pas que c’est bon ! Je me rappelle que l’année dernière c’est à cet endroit que j’avais aperçu le 2ème de la course Sylvain Court.

On me confirme mes 5 minutes d’avance, c’est génial, faut vraiment que j’assure car on arrive au trois quart de la course et c’est maintenant qu’il ne faut pas lâcher !

KM48 à 50 : on attaque une montée assez courte mais abrupte, tout se passe toujours bien, je sais que mon rythme est bon et qu’à cette allure si je ne gagne pas de temps je n’en perdrai pas beaucoup non plus. Je pense toujours à bien boire, pas de douleurs particulières, tout se passe comme dans un conte de fée, pourvu que ça dure !

KM 50 à 55 : longue descente, très longue descente même ! Je décide d’appuyer un peu sur l’accélérateur dans cette descente, si je peux grignoter à nouveau quelques secondes ce serait bien, donc j’essaie d’envoyer, je prends quelques risques, je veux à tout prix continuer à conserver ce matelas si confortable de 5 minutes d’avance !

Tout roule, les cuisses commencent à chauffer mais au bout d’un peu plus de 5h00 de course ce doit être normal ! lol J’aime ces descentes car elles sont rapides et pas trop techniques, ce qui fait qu’on a vraiment de bonnes sensations de vitesse, c’est agréable !

A la fin de la descente, c’est reparti pour un joli coup de cul !

KM 55 à 60 : ça monte, ça monte ! Mais encore une fois la montée n’est pas trop raide, j’ai toujours du jus, je sais que mon rythme est toujours bon et qu’il faut garder le cap, vivement que j’arrive à Massebiau pour refaire le plein d’eau et ravoir une idée sur les écarts avec mes poursuivants.

Mais c’est à ce moment que le course ne deviendra pas parfaite pour moi : je sais que je commence à attraper froid, de petites crampes d’estomac arrivent, punaise ce n’est pas possible ! J’en ai vraiment plein les fesses d’être si sensible au froid ! Mon estomac commence à faire des siennes et je commence à me poser quelques questions mais la douleur reste largement raisonnable, il faut juste que ça n’empire pas.

De plus j’ai testé une nouvelle chose : ça faisait déjà un moment que j’avais envie d’uriner et je me retenais depuis un moment mais à la fin, il fallais vraiment que je fasse pipi ! Je pensais aux cyclistes du tour de France qui pissent sans s’arrêter, j’ai donc essayé de faire pipi en courant ! Autant dire que ce ne fut pas concluant ! lol J’ai pas réussi ! Si je n’y arrive pas en courant, j’essaie en marchant ! Ce fut un peu mieux à part qu’autant dire que je m’en suis mis partout ! lol Mais mission accomplie et heureusement que personne ne m’a vu, j’aurai pas l’air bête !

KM 60 : c’est parti pour 3 km de descente, encore une fois je ne me ménage pas et essaie d’aller assez vite, je sais qu’en théorie sur ce genre de descente on pourra difficilement me reprendre du temps, on s’approche de plus en plus de la fin de course, chaque passage devient important et faut aussi que j’envoie un message à mes poursuivants : vous ne me rattraperez pas ! Enfin je l’espère ! ;)

J’espère toujours avoir ce matelas de 5 minutes d’avance au Cade synonyme d’un grand pas vers la victoire alors go go go ! ! ! On continue de tout donner !!!

KM 63 : Massebiau, ravitaillement en eau seulement, il était temps car j’étais à sec, même si je n’avais pas particulièrement soif, je n’aime pas être à sec ! Je m’arrête donc remplir, il y a pas mal de monde pour m’encourager, ça fait toujours autant chaud au cœur, plus que 2 montées et 2 descentes et j’en aurai fini ! Espérons que je garde ma place !

A Massebiau on m’annonce 5’40’’ d’avance, qu’est-ce que c’est bon !!! J’en profite donc pendant la première partie de la montée à bien me ravitailler, je prends 2/3 minutes pour bien boire et bien manger, il faut absolument que je gère bien la fin du parcours, si je ne déconne pas, il n’y a pas de raison que l’on me rattrape, plus de 5 minutes d’avance alors qu’il reste une petite heure et demie de course, avec le niveau que l’on a c’est assez difficile à combler si je n’ai pas de défaillance.

La montée se passe assez bien même si je sens à ce moment un peu de fatigue, mon rythme est bon mais sans plus, et surtout les crampes d’estomac deviennent de plus en plus fréquentes, c’est vraiment chiant ! Ma défaillance pourrait venir de ce coup de froid … punaise ce n’est pas possible, pourquoi ne suis-je pas parti plus couvert !!! Chiotte de chiotte !!! Enfin on continue d’avancer, ce n’est pas le moment d’avoir des pensées négatives, on continue quoiqu’il arrive ! Vivement le dernier ravitaillement du Cade que je puisse revoir mes supporters, boire du coca et manger ma banane !

KM 67 : ravitaillement du Cade, j’arrive en faisant un peu la tronche car j’ai vraiment mal au bide, je ne dis rien à mes supporters, je veux garder ça pour moi, en tout cas eux sont heureux de me voir en tête et avec un peu d’avance, je vois leurs sourires et qu’est-ce que ça fait plaisir ! Je bois donc quelques gorgée de coca, change de bidon pour un plein, mange ma banane et repars aussi sec !

KM 68 : Début de l’épandage … ce qui devait arriver arriva, ça devient une sale habitude mais c’est mon fardeau, tout ne peut pas être parfait c’est impossible ! Je mets donc le clignotant sur le côté et sans rentrer dans les détails première pause caca … en deux kilomètres j’ai fait 4 pauses, pfffff voilà comment se gâcher la course, j’ai dû perdre du temps aussi, aie aie aie, j’espère que pour le reste de la course ça va aller ! En tout cas ça m’a fait du bien et je peux attaquer la descente un peu plus sereinement, sans crampes d’estomac, ouf ! Sur ce coup j’ai dû perdre un peu de temps mais bon, on va continuer d’avancer, maintenant plus de questions à se poser, faut tout donner jusque la fin pour ne rien regretter !

KM 69 : Avant dernière descente, j’essaie d’aller le plus vite possible, je me souviens que l’année dernière c’était à ce moment que j’étais revenu sur l’Américain et que j’étais passé en tête, que de bons souvenirs ! Et aujourd’hui c’est moi qui suis en tête et chassé par d’autres ! Les rôles s’inversent !

J’attaque la dernière montée, je ne sais pas l’avance que j’ai, c’est vraiment stressant, en plus je ne sais pas qui est derrière moi, si c’est Sylvain faut vraiment que je me méfie lors de la dernière descente, je sens que la fatigue est présente, les relances se font plus difficiles, je touche au but mais ce n’est pas encore fini !

Et là alors que la montée se termine bientôt, il y avait énormément de spectateurs sur les hauteurs avec une ambiance de folie ! C’était génial, je me serais cru encore une fois au tour de France, en plus tous ces encouragements rien que pour moi c’est énorme ! Quel plaisir encore une fois ! Merci à tous !

Derrière moi j’ai l’impression que ça ne revient pas, quel bonheur ! Il ne me restera plus qu’à assurer la descente et en théorie ça sent bon, même très très très bon !!!

KM 71 : Je passe au sommet, derrière personne, l’écart doit être encore conséquent, je savoure grave ! La descente va être un pur plaisir, sans grosse prise de risques, ce serait vraiment trop bête de se blesser ou de se perdre maintenant, il n’y a plus qu’à assurer et surtout à savourer les moments qui vont arriver !

KM 74 : j’ai encore trop mal au bide, je vais me faire dessus ! J’essaie de trouver un endroit tranquille mais il y a du monde partout, impossible de faire une nouvelle pause épandage !!! Et bien il n’y a plus qu’à serrer les fesses jusqu’à l’arrivée maintenant !

KM 76 : Le Graal !!!! Je vois l’arrivée, personne derrière, je peux prendre mon temps et vraiment savourer, je veux encore plus prendre mon temps d’ailleurs car l’année dernière j’ai l’impression que c’est passé trop vite, j’entends le speaker, la musique se mettre en route, quel bonheur de se retrouver là !!! Je marche en profitant de chaque instant, je tape dans les mains des enfants, je vois des tas et des tas de sourires, qu’est-ce que c’est bon ! J’aperçois le drapeau du pays basque assez vite ou se trouve donc mon équipe de choc, c’est le must ! J’approche de la ligne d’arrivée, je saute dans les bras de ma femme, de mes frères et amis, on me tend une bière et je la bois avec grand plaisir cul sec ! Je vois pleins de femmes en rose avec un grand sourire, j’ai presque pas envie de passer la ligne pour que ces moments continuent ! Bon il faut quand même y aller et je passe donc la ligne en vainqueur, franchement dans mes rêves les plus fous je n’aurais jamais espéré gagner 2 fois les templiers, j’ai découvert cette course l’année dernière en ayant un dossard un peu à l’arrache et deux ans après je suis double vainqueur de cette fabuleuse épreuve, c’est extraordinaire !

 

Nico arrive en deuxième position, il a été très costaud, grosse course de sa part, c’est vraiment prometteur pour la suite s’il continue à progresser comme ça ! En 3 et 4 il y a les deux espagnols, j’apprends par la suite que Patrick a abandonné et que Sylvain a un peu craqué, punaise faut qu’on gagne par équipe aussi ! Reste Manu Gault mais j’ai aucune idée de la course qu’il fait et il terminera à une superbe 7ème place, ce qui nous assure la victoire par équipe, c’est la cerise sur le gâteau !

Sylvain fera 10ème, d’ailleurs je lui tire vraiment mon chapeau car il aurait pu abandonner 1000 fois, avec le palmarès qu’il a et la saison qu’il a faite pourquoi continuer la course si il n’est pas dans un bon jour ? Et malgré ça il a tenu à terminer, c’est vraiment l’esprit trail et la mentalité d’un grand champion comme on les aime, chapeau donc à lui !

La remise des prix se fait assez rapidement, je fais une tête de plus qui nico et tofol, c’est marrant ! D’ailleurs, je n’aurai pas cru qu’un gabarit comme le miens puisse jouer les premiers rôles, je suis à 80 kg pour 1m87, je ne suis pas un poids plume et malgré ça j’arrive à être devant, comme quoi tout est possible ! lol

Comme l’année dernière contrôle anti-dopage, au début ça me fait un peu râler car je veux retrouver mes frères et amis et boire des coups avec eux mais si je suis contrôlé c’est que j’ai fait une bonne place donc je veux bien être contrôlé à toutes les courses ! ;)

Entre temps je me suis encore vidé, ce mal de bide, pffff quelle galère ! Le contrôle se passe bien, le médecin est super sympa et ma femme est là pour me tenir compagnie aussi.

Une fois le pipi fait, direction la buvette !!!! Enfin !!!! Avec mon frérot Antoine et ses potes j’ai à peine le temps d’arriver que j’ai déjà la bière à la main ! Que ça fait plaisir de trinquer !

Mon équipe est chaude comme la braise, ils font déjà fumer la buvette, ils ont les yeux qui pétillent, c’est excellent !

Donc opération réhydratation, j’en bois des bières, il y a Gillou qui passe, nico, patrick, philippe, puis il est temps de retourner sur le podium pour la remise des prix par équipe ! J’ai un coup dans le nez mais faut que j’ai l’air net ! On remporte un joli plateau, c’est super, quelques interviews et quelques photos, et je retourne voir ma team pour aller manger car boire ça va un moment mais il faut manger aussi !

On passe un bon moment tous ensemble, c’est vraiment agréable, puis l’heure est venue de retourner à la voiture, on a tous beaucoup de route pour rentrer à la maison.

J’attaque bien sur mes pépitos, cookies, M/Ms, je me casse le ventre à tel point que je me rends un peu malade !

J’ai toujours beaucoup de personnes à remercier mais la principale reste ma femme qui doit subir mes entrainements et mes courses une bonne partie de l’année et donc s’occuper également des enfants lorsque je ne suis pas là, car en plus de l’entrainement j’ai aussi le boulot qui m’éloigne régulièrement de la maison.

Pour répondre à plusieurs questions que les gens se posent sur moi voici quelques renseignements :

J’ai un travail à plein temps, je suis militaire et je ne suis pas détaché pour faire du sport, mes séances je les fais le matin, entre midi et deux et le soir puis bien sur le week-end.

Je ne suis pas Basque, ni Ch’ti, mais Français ! Je suis né en Bourgogne, j’ai vécu jusqu’à mes 17 ans dans le Pas de Calais à Noyelles-sous-Lens, et depuis mes 17 ans je vis au Pays Basque. La majeure partie de ma famille est Ch’ti, j’ai une partie de moi Ch’ti comme j’ai une partie de moi Basque même si je ne le suis pas à cent pour cent !

Merci à mita, qui garde les enfants, surtout ce week-end des templiers et le reste de l’année !

Merci à Ludo Dédé, Aurélie pour encore une fois la garde des enfants, c’est vraiment important !

Merci aux frérots Antoine et Charly qui étaient présents et aussi au frérot Maxime qui n’a pu venir mais qui aurait rêvé d’être là, je le sais !

Merci aux potes présents Pachy et François ainsi que ceux qui n’ont pu venir comme Mattin !

Merci aux potes qui me suivent et qui sont derrière l’ordinateur comme Enaut, Eric, Guillaume, Pampi

Merci à tous les autres amis que je ne peux nommer sinon j’y serai encore !

Merci à la famille pour le soutient, Maman, les soeurettes Mélanie et Paula, le cousin Ludo, Marraine Patricia, et tous les autres cousins et cousines !!!

Merci aux collègues du boulot qui supportent ma fatigue et mes entrainements et qui me soutiennent à fond

Merci au Running Club Noyellois, vivement que l’on se retrouve !

Merci aux bénévoles et organisateurs de cette magnifique épreuve, sans vous nous ne pourrions jamais vivre des moments aussi fous que ceux que je viens de vivre, merci encore à tous.

Merci à tous pour vos messages de soutien et d’encouragements, merci à toi l’ami que je ne connais pas et qui m’a offert la bière avant que je passe la ligne d’arrivée, n’hésite pas à venir me voir si on doit se recroiser, je t’en dois une ! ;)

Pour finir, un grand merci à mes deux partenaires principaux qui sont Mizuno ( Benoit Holzerny particulièrement ) et Endurance Shop Pays Basque ( Julien Grelot particulièrement ) et qui grâce à leurs produits et soutien me permettent de pouvoir m’entraîner dans des conditions optimales.

Maintenant ça va être une semaine de récupération où on va profiter comme il se doit de la vie en faisant une grosse fête à la maison samedi soir, puis on attaquera la préparation pour la Saintélyon tranquillement. Si je pouvais assurer à la Saintélyon comme j’ai assuré aux Templiers ce serait gigantesque !

 

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Championnat de France de trail long 2015 au Sancy

Publié le par bigben

Championnats de France de trail long 2015

La préparation :

Cet été, j’ai bien coupé l’entraînement, profité des fêtes ( Bayonne, Ustaritz ), de la venue du cousin Ludovic et surtout de la famille avec un super voyage en camping-car autour du Portugal et du sud de l’Espagne.

Quand tu paies la pinte de bière 2 euros avec des petits tapas à 1 euro, et bien ce serait dommage de ne pas en profiter !

Le résultat a été qu’au retour des vacances j’étais en méforme complet ! Sur la balance j’affichais 87kg, et la reprise fut vraiment très dure. Le retour à la piste fut un calvaire, ma fréquence cardiaque affichait des chiffres affolants et les chronos étaient vraiment pourris.

Donc fin Août je me suis remis au boulot et quelle reprise ! Grâce aux copains ( Inaki, Pantxo, patrice ) j’ai pu enchaîner deux grosses semaines d’entraînements avec plus de 20h00 de sport par semaine, et beaucoup de vélo. J’ai vraiment la hantise de la blessure du coup j’essaie d’éviter au maximum de courir deux fois par jours et je me suis mis à pas mal rouler en vélo de route. Puis avec des débiles comme Pantxo et Inaki toutes les séances de vélo se transformèrent en des contre la montre, dès qu’il y avait un col c’était le premier arrivé en haut, alors qu’à la base je prends le vélo comme un complément pour travailler le volume voire la récupération, chaque séance fut tout compte fait une bonne dose !

Au bout de la deuxième semaine il y a eu la Skyrhune où j’ai pu remporter le maillot vert du meilleur sprinteur ! Par contre la grande forme n’était pas encore au rendez-vous mais ça revenait doucement et surtout je commençais aussi à perdre du poids.

Les deux semaines suivantes je me suis entraîné comme jamais je ne l’avais fait en enchaînant des grosses séances pendant 15 jours, travaillant sans cesse sur la fatigue, j’étais tellement à la ramasse fin Août que j’étais vraiment motivé à retrouver un niveau convenable.

Surtout que cette année n’a pas été exceptionnelle, il y a eu juste la victoire à Gruissan et ma 13ème place aux championnats du monde, à part ça on peut pas dire que j’ai été très performant, la faute aussi au travail qui me prend pas mal de temps … donc en ce mois de septembre, vu qu’au boulot c’est plus calme c’était le moment d’envoyer du steak avec en ligne de mire les templiers car pour moi ces championnats de France ne sont qu’une étape dans la préparation des templiers, car je pensais que ce n’était pas faisable d’être performant avec seulement 4 semaines de préparation et surtout en démarrant d’aussi loin.

De plus pour être honnête je pense que si je n’avais pas été sponsorisé par Mizuno, je ne serai pas venu aux France car faire un déplacement en pensant ne pas être performant, ça se discute !

Mais voilà, j’ai aussi envie de voir à quel niveau je me situe par rapport aux meilleurs Traileurs de France, et puis retrouver des potes ainsi que Benoit Holzerny et Geoffroy Sarran de Mizuno, c’est tout de même sympa !

Pour finir, aucune douleur particulière, une semaine avant les France je pars faire le tutturu trail, 24km 1700d+, avec une victoire à la clé et un chrono intéressant car avec toute la fatigue accumulée, le chrono n’était pas pourri, je pense que la forme revient bien !

Donc tous les voyants étaient aux verts même si je ne m’attendais pas un miracle, je me disais qu’un top10 en sortant pas trop fracassé de ces France serait une bonne chose. Je me répétais que ma priorité est les templiers et pas les France. De plus j’ai la chance que Benoit Holzerny me soutient vraiment à 100% et ne me met vraiment aucune pression de résultat, je fais du mieux que je peux et on verra !

Autre point particulier, j’ai bien réussi à faire attention à ma nutrition (je n’ai jamais autant mangé de salade niçoise avec de la salade verte ! ), la veille de course je passe quand même à Lidl acheter 3 chocolatines et 3 pains aux raisins car c’est vraiment mon plaisir de manger des viennoiseries !

Veille de course :

Cette fois-ci je suis venu seul avec ma camionnette, le samedi matin je pars récupérer mon dossard, puis l’après-midi je pars voir l’arrivée des deux courses qui ont lieux, en encourageant notre gilles guichard national qui nous prendra une jolie 3ème place sur le 18km en étant V2 !

Le soir je rejoins Benoit holzerny en lui donnant mes ravitaillements qui sont comme d’habitude eau coca en boisson, une banane entière à chaque ravitaillement ainsi que des petits gels de clifbar que je prends avec moi au cas où j’aurais un coup de moins bien !

Je décide de partir avec une petite ceinture et une réserve de 600ml d’eau coca, je pense que ça devrait suffire !

La course :

04h00 du matin : je reçois un petit texto de ma femme qui m’encourage, ça fait plaisir de se faire réveiller avec un petit mot de sa dulcinée ! J’avais mis mon réveil à 4h15 mais ça me dérange pas de me faire réveiller comme ça quinze minutes avant.

Je fais chauffer mon petit thé, et j’avale mes 2 chocolatines et mes 2 pains aux raisins qu'il me reste de la veille. Rien qu’à y penser j’en salive en tapant ce compte rendu ! ;)

A l’issue du petit déjeuner je fais mon petit (voir gros ) caca de la peur puis on s’équipe !

Je ne veux pas refaire la même erreur qu’aux championnats du monde où j’ai pris froid donc là c’est manches longues en première couche avec un t-shirt par-dessus et gants aux mains !

Quand j’ai vu certains athlètes partir en débardeur je me demande vraiment comment ils font ! Ils doivent être chauds comme la braise les bigres !

Parlons objectifs : dans ma tête je me disais que faire un chrono aux alentours des 06h00 pourrait être jouable ce qui me situerait aux alentours de la dixième place ce qui est déjà très bien !

La liste d’athlètes était assez impressionnante et je me voyais pas rivaliser avec du Bringer, Court, Spheler , Moulai …

05h15 : il est peut-être temps d’aller s’échauffer, c’est vraiment un truc que je n’aime pas ça, l’échauffement avant une épreuve qui va durer 06h00, je me dis qu’on va assez courir comme ça donc l’échauffement est vraiment minime, c’est-à-dire que j’ai dû trottiner 5 minutes !

J’arrive un peu à l’arrache sur la ligne de départ, 3 minutes avant le départ, je n’ai même pas eu le temps de voir Benoit pour lui faire un dernier petit coucou, snif !

05h30 : Départ ! Mon premier sentiment est que c’est cool, ça part vraiment pas vite, tant mieux comme ça ce départ fait office d’échauffement, durant 2 kilomètres je pense qu’on est vraiment tous tranquille, la preuve en est, c’est que c’est 2 féminines qui ouvrent la course !

La température est fraîche mais idéal, il fait nuit mais c’est la pleine lune donc on y voit assez bien surtout avec nos super lampes !

KM 2 : on entre enfin dans le vif du sujet, la pente s’accentue et c’est parti, ça rigole plus, le souffle devient court mais je reste avec le peloton de tête, nous sommes encore nombreux mais déjà une petite sélection se fait, vraiment minime mais c’est déjà à ce moment de la course où l’on peut voir si la forme est là ou pas.

Ce qui me convient c’est que tout se fait en courant, la pente n’est pas exceptionnelle et elle me convient même, du coup en étant assez surpris, je reste avec la tête de la course, le rythme me convient alors pourquoi ne pas rester avec eux ? De plus nous sommes encore nombreux à former le peloton de tête.

Je sais aussi que si il y a bien une partie de la course qui me convient c’est bien les 20 voire les 30 premiers kilomètres qui sont assez roulants, du coup je me dis autant accrocher la tête tant que je peux et après, on avisera !

KM 8 : nous arrivons au premier sommet, nous devons être un petit peloton de 8 coureurs ( bringer, court, moulai, … ) , je n’ai pas vu passer cette première partie de course, le rythme est bon et je suis super heureux d’être encore parmi la tête de la course, j’essaie d’en profiter un maximum !

Nous attaquons la première descente où Sylvain Court décide de prendre la poudre d’escampette, personne n’essaie de le suivre, on connaît tous ses talents de descendeur et comme la course ne fait que commencer, personne ne se risque à le suivre et à se griller prématurément.

KM8 au KM 16 : c’est surtout descendant avec quelques petits coups de cul, je ferme le peloton de chasse car je me dis que de toute façon je vais bien finir par péter à un moment ou à un autre.

Durant toute cette partie on ne chôme pas, le rythme est vraiment bon mais il me convient car je ne suis pas dans les tours, pourvu que ça dure !

KM16, RAV1 : on nous annonce à 1’30 de sylvain, dis-donc il est parti fort ! enfin personne ne s’affole, de toute façon notre rythme est bon et la course encore longue.

Benoit me tend un nouveau bidon plein, une banane et on est reparti ! Je me dis qu’il doit être étonné de me voir avec les premiers, et d’arriver avec 15 minutes d’avance sur mes prévisions !

KM 19 : fin de la descente avant d’attaquer une bonne montée ! On nous apprend que sylvain nous a encore pris 1 minute de plus d’avance, ce qui porte à 2’30 d’avance. Il ne faiblit pas le bigre !

Derrière nous ce n’est pas loin non plus, on a du faire un trou d’une minute avec nos poursuivants où spheler se trouve. Spheler court très souvent comme ça en laissant partir la tête de course puis en seconde partie il rattrape tout le monde en nous fumant tous un par un ! lol

Au pied de la montée, Bringer part fort suivi de Moulai, pour ma part ils vont trop vite donc je prends quelques mètres de retard en compagnie de ? . Mais assez vite je vois que l’écart se stabilise à une petite quinzaine de secondes, et petit à petit je grignotte mon retard, cool, je vais rentrer sur eux ! Et oui, ils ne vont pas se débarrasser de moi aussi facilement !

Je rentre donc sur eux et on est parti pour faire un petit bout de chemin à trois. Le jour commence à se lever, je fais partie de la tête de course, je suis heureux d’être là !

KM23 : nous arrivons au sommet de la deuxième difficulté, on nous annonce 1’30 de retard sur sylvain, cool ! Enfin pas cool non plus car on attaque une nouvelle descente où l’on sait que ce n’est pas sur ce terrain que l’on va lui reprendre du temps. Mais déjà on sait qu’en montée on va pouvoir peut-être revenir sur lui et le plus tôt serait le mieux car nous allons bientôt arriver à mi-course et il ne faut pas que les écarts soient trop conséquents...

Le jour commence a se levé, nous allons bientôt pouvoir éteindre nos Petzl et profiter des superbes paysages qui nous attendent.

Lors de la descente je décide de prendre les devants, je suis resté derrière depuis le début, je peux bien emmener la petite troupe maintenant ! La descente se passe bien, on ne traîne toujours pas et nous sommes bientôt au deuxième ravitaillement.

KM28 : RAV2 : j’arrive avec 30 minutes d’avance sur mes prévisions, c’est vraiment surprenant mais je me sens toujours bien donc on va continuer sur ce rythme oui ! Benoit est toujours là pour mes ravitaillements, changement de bidon, banane, et c’est reparti mon kiki ! on ne traîne vraiment pas sur ces ravitaillements !

Je crois qu’à ce moment on nous annonce 1’30 de retard sur sylvain, et derrière ils sont toujours à un peu moins de 2 minutes je crois.

On débute de suite par une longue ascension et comme toute à l’heure Bringer attaque assez fort, suivi de Moulai . Pour ma part je les laisse encore un peu partir mais je m’accroche, je laisse au maximum une dizaine de seconde d’écart et comme toute à l’heure je rentrerai assez vite sur eux au train, ils ne vont toujours pas me lâcher comme ça quand même !

Puis assez rapidement nous apercevons sylvain, la jonction va se faire ce n’est plus qu’une question de minutes, la course est relancée ! Sur un faux plat montant, alors que le vent de face soufflait assez fort, avec Bringer et Moulai nous faisions comme les cyclistes à prendre des relais de 20 secondes chacun notre tour, et juste avant le point d’eau KM34 la jonction avec sylvain est faite, nous voilà 4 en tête de course ! A ce moment je me dis punaise, mais c’est que j’ai peut-être une carte à jouer aujourd’hui !

Au loin nous allons même apercevoir Spheler qui doit être à 4 minutes, on sait qu’il est tout à fait capable de revenir sur nous en deux deux ce spheler va falloir se méfier !

Nous attaquons alors « les montagnes russes » avec des descentes et montées assez courtes, nous restons groupés à 4.

KM 37, RAV3 : nous arrivons quasiment groupés, Benoit est toujours fidèle au poste ( heureusement d’ailleurs ! ) et il a aussi les bons mots pour que je prenne quelques secondes en plus pour me ravitailler, banane, je prends également un morceau de quatre quart qui appartient au ravitaillement de la course et c’est reparti mon kiki !

Tout le long du parcours Bringer n’a cessé de nous dire ce qui nous attendait, c’est vraiment très sport de sa part car il aurait pu tout garder pour lui. Etant donné que je ne connaissais pas du tout le parcours, ça permettait d’anticiper ce qui allait arriver.

Lors d’une montée assez sèche, je crois que c’est à ce moment que Moulai commença à décrocher.

Nous allons réussir à creuser un petit écart avec patrick, sylvain restant à une bonne dizaine de secondes alors que Moulai coinça un peu à ce moment de la course.

Le podium est-il en train de se dessiner ? Je me dis qu’une troisième place serait déjà inespérée, alors accrochons nous !

KM42 : Nous attaquons une longue descente, Bringer prend les devants et j’ai presque du mal à suivre, ça va vite ! Derrière nous avions réussi à décrocher légèrement sylvain, mais à la fin de la descente il était à même pas 10 secondes de nous. Ca va être chaud chaud chaud les marrons cette fin de course !

KM44 : point d’eau de la vallée de Chaudefour, nous sommes à trois dans un mouchoir de poche, derrière l’écart est fait mais il reste encore 16 km , 8 km de montée et 8 km de descente.

A ce moment de la course ou nous attaquions la montée plusieurs choses peuvent arriver : Bringer nous met une mine, fait une grosse différence et gère la descente pour gagner ces France, ou alors nous arrivons groupés à trois au sommet et là ce sera sylvain qui gagnera car ses qualités de descendeur sont énormes et nous n’allons pas pouvoir le suivre ou alors c’est moi qui fais la différence dans la montée pour gérer la descente et remporter ces France (celle-là, j'ai vraiment du mal à y croire ! )

Dans tous les cas faut tout donner et on verra pour ne rien regretter.

Avec Bringer on attaque donc assez fort la montée, Sylvain décroche mais durant 2/3 kilomètres nous n’arrivons pas à creuser l’écart qui restera à une dizaine de secondes, si ça continue comme ça, sylvain va pouvoir nous déposer lors de la descente … re-snif !

Puis soudain alors que la pente se raidissait nous n’allons plus apercevoir sylvain, enfin nous avons réussi à creuser un petit écart, mais nous n’avons aucune idée à combien notre avance se monte.

KM47 : point d’eau du col de la cabane : Bringer appuie sur le champignon ! il produit son effort et je ne peux le suivre, il me prend vite 5 ,10 secondes d’avance mais je m’accroche, je l’ai toujours dans ma ligne de mire et j’espère qu’arrivé au sommet l’écart ne sera pas trop important, après faut pas que je traîne non plus car j’ai une deuxième place à assurer et faut pas que je me fasse rattraper par sylvain !

Durant la montée je jette donc mes dernières forces, faut rien regretter, on donne tout ce qu’on a !!!

KM50 : sommet du puy de Sancy, je dois avoir une petite trentaine de secondes de retard sur bringer, rien n’est donc joué, faut qu’en descente je prenne tous les risques pour revenir sur lui, alors c’est parti, à bloc pour essayer de combler ces trente petites secondes, surtout que j’ai Bringer en ligne de mire donc ça motive à prendre tous les risques ! Et encore une fois j’oublie pas que derrière ça peut revenir donc dans tous les cas faut tout donner !

Et ce qui devait arriver arriva !

KM 52 : je fais la jonction avec bringer ! j’y croyais pas ! Dans tous les cas à ce moment de la course je me dis que le podium est assuré, c’est déjà une énorme satisfaction ! J’ai déjà réussi ma course et c’est super. Maintenant je suis avec Bringer et la victoire va se jouer entre nous deux, c’est fou ! L’ayant rattrapé je crois en mes chances !

Nous faisons un ou deux kilomètres ensemble, il me laisse passer devant, et nous nous félicitons d’en arriver là à deux, nous nous apprécions énormément et je lui dis maintenant que le meilleur gagne, ça a été une super journée, je me suis régalé, même si je fais deux je suis super heureux.

On se serre la main et on continue d’avancer ensemble.

KM 53 : Usain Bolt est parti ! nous arrivons sur un petit coup de cul et là, Bringer met une terrible accélération, j’ai vainement essayé de suivre mais j’étais vraiment super cuit, j’en pouvais plus et j’ai des débuts de crampes qui arrivaient. A mon grand regret j’ai dû le laisser filer, mais j’avais vraiment tout donné et les jambes ne voulaient plus …

Reste plus qu’à gérer les derniers kilomètres de cette descente, en théorie je ne devrais pas me faire rattraper mais j’essaie de continuer à tout donner, on sait jamais, faut pas que je me fasse rattraper et puis sur un malentendu je peux peut-être rattraper Bringer ?

Lors de cette fin de descente j’ai presque les larmes aux yeux tellement je n’aurai jamais pensé faire deuxième, vice-champion de France ça claque quand même ! J’ai encore beaucoup de chance de me trouver là et d’avoir fait une course aboutie.

Mon dieu de la bière est toujours à mes côtés, j'espère qu'il ne m'en voudra pas d'ailleurs car après la course je ne vais pas le fêter comme il se doit car je dois reprendre la route donc pas plus de deux trois bières … re-re-re snif !

Ca y est, c'est la fin, j'entends le speaker qui annonce l'arrivée de Bringer alors que je suis moi aussi quasiment arrivé, punaise ça se joue vraiment à pas grand chose mais que c'est bon des courses comme ça, ou au bout de 60km et 5h21 d'effort, et bien la victoire se joue à 30 petites secondes, c'est bon pour le suspense et pour le public cette histoire ! Surtout que le troisième sylvain, il va arriver seulement 1'30 après moi, ce sont vraiment des écarts infimes à ce niveau là, et ça se joue vraiment sur des détails.

Je passe donc la ligne d'arrivée heureux, j'ai tout donné, rien à regretter, et aussi super content que ce soit Bringer qui gagne car il la mérite amplement, ce mec à vraiment une super mentalité, super état d'esprit, super niveau, enfin il est génial et je suis heureux que ce soit lui qui ait gagné !

En passant la ligne je saute dans les bras de Bringer, nous sommes vraiment heureux d'être là et d'en avoir fini, j'ai les jambes défoncées, j'en peux plus mais que c'est bon ! Quand je vois Benoit sur la ligne j'ai envie de lui sauter dans les bras, je savoure encore ces moments car ça va pas être tous les jours que je vais pouvoir monter sur un podium aux France !

De plus pour compléter le podium sylvain arrive, franchement je ne pouvais rêver mieux que de me trouver au milieu de ces deux champions, sylvain c'est comme bringer, super mec, super mentalité, je crois vraiment que ce podium de ces championnats de France est super !

Dès mon arrivée on me signale que je dois me présenter au contrôle anti-dopage, chiotte ! Faut vite que je boive beaucoup beaucoup beaucoup pour pas rester une éternité à attendre que mon petit pipi vienne ! Lol

D'un autre côté je suis content d'être contrôlé car encore une fois on ne m'attendait à ce niveau ( moi non plus d'ailleurs ! ) et le fait de faire ce contrôle permet de lever tout soupçon !

En tout cas cette course fut du pur bonheur, les athlètes étaient au rendez-vous, le soleil aussi, le seul bémol aura été l'absence de ma petite femme … mais elle sera présente aux templiers donc l'honneur est sauf !

Les autres points positifs sont que je n'ai aucune douleur articulaire ou osseuse et ça c'est vraiment le plus important, ça permet d'être serein et de se dire qu'on va pouvoir se remettre à l'entraînement pour préparer les prochaines échéances qui arrivent très vite.

Au niveau des pieds, les nouvelles Mizuno Mujin 2 ont été parfaites, pas d'ampoules excessives, ni de frottements, c'est super ! Niveau textile, aucun échauffement non plus à déclarer, donc c'est vraiment satisfaisant.

J'ai encore du mal à me rendre compte comment j'ai réussi à rester avec la tête de course alors que je croyais que ma préparation n'était pas optimale, j'ai vraiment du mal à réaliser !

A 15H00 a eu lieu la remise des prix, j'en profite pour voir pleins d'amis qui me félicitent, et aussi tous les autres athlètes hommes et femmes pour les podiums. Je me régale vraiment de ces moments, philippe Propage, jean-françois Pontier, et gilles Guichard de la FFA sont là avec leurs grands sourires, qu'est ce que c'est cool !

Allez je vais arrêter de dire que tout est beau et que tout est rose car a 16h00, c'est parti pour 5 bonnes heures de route pour rentrer à la maison car lundi, direction le boulot, et ça c'est moins cool !

Avant de rentrer à la maison je m'arrête comme ça devient une habitude au bar Didier voir juju et lui commander une super bonne pizza 4 fromages, et en attendant qu'il la fasse mon frère et ludo sont venus me rejoindre pour boire une bonne bière quand même ! A peine l'avait-on finie que juju nous offre une pinte cette fois-ci ! Aie aie aie, le dieu de la bière me rattrape, faut pas que je traîne car ça sent l'embuscade ! Lol

Ouf, la pizza arrive ! Je suis sauvé car maintenant on mange et on arrête de boire !

Après s'être cassé le ventre direction la maison pour recevoir les félicitations de ma petite femme et aller au lit pour se reposer !

Le lundi je pars trottiner 40' pour confirmer que tout va bien, à part bien sur les grosses courbatures qui sont présentes mais pour le reste ça baigne ! Aujourd'hui nous sommes vendredi, je suis dans le train direction Lens, et j'ai quand même pu bien reprendre l'entraînement avec mercredi 1h de footing, hier 1h de footing avec 10x1'/1' et aujourd'hui 20km avec 2x5km en 3'30 au 1000 et 3'25 au 1000. J'ai du aussi faire 3 sorties vélo pour 160km et 2x1h de vélo éliptique, donc pour une reprise c'est plutôt pas mal !

Je suis ultra motivé pour les templiers, donc à fond les marrons !

Pour finir, j'ai toujours une énorme pensée pour ceux qui me soutiennent et sans qui je ne serais pas là où j'en suis, c'est à dire ma femme, amis, et également mes partenaires Mizuno et Endurance Shop Pays basque.

De plus je pense réellement que sans ces partenariats, pouvoir réaliser de grandes performances seraient plus difficile, je suis un privilégié, un chanceux car beaucoup de personnes rêveraient d'être soutenues comme je le suis, j'en suis conscient et je remercie encore une fois Benoit Holzerny de Mizuno et Julien Grelot d'Endurance Shop Pays Basque d'être à mes côtés, ça me simplifie grandement la vie de vous avoir à mes côtés, donc merci à vous !

Sans oublier tous les messages que je reçois que ce soit sur Facebook ou sur mon téléphone, merci à vous tous, je suis vraiment honoré !

Petite dédicace à Pépino, qui grâce à ses insultes et ses non-encouragements me permet de me surpasser aux entraînements ! ;)

Pour finir il y a des personnes qui, à juste titre, pensent que l'or noir des prochaines décennies sera l'eau donc j'ai une solution pour l'humanité :


 


 

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Maxirace du lac d'Annecy, 85km, 5300d+

Publié le par bigben

Nous y voilà enfin à ce moment tant attendu : un récit de course qui fut très très très loin d’être parfaite et qui du coup risque d’être assez instructif. Et aussi un peu moins rigolo que les derniers récits car la course ne s'est pas déroulé comme prévu ...

Alors commençons par le commencement : la préparation

Je décidais de mener presque la même préparation que lorsque je m’étais préparé pour les templiers à part que j’ai délaissé quelque peu les séances de VMA pour charger un peu plus en quantité : on est parti pour faire une course de 9h00, j’en ai jamais fait d’aussi longue donc je voulais être endurant !

Donc toute la préparation s’est assez bien passée à part qu’en début d’année je me suis légèrement blessé mais je ne pense pas que ça a joué grand-chose. J’ai eu des semaines de fatigue, des semaines avec de bonnes sensations et en règle générale j’étais tout de même en forme, la preuve en était que tous mes chronos sur des sorties identiques étaient inférieurs par rapport à ceux de l’année dernière.

Le seul « bémol » était que les 15 derniers jours j’étais en déplacement avec le boulot et que du coup je n’avais pas de terrain de jeu montagneux pour m’entrainer mais sur le coup je ne pensais pas que ça pourrais jouer sur ma performance future mais avec du recul ça pourra peut-être être une explication de mon semi-échec …

J-3 : j’arrive à Lyon où je suis super bien accueilli par les beaux-parents de mon frère maxime.

Le soir on va se faire une petite séance pour se délier une dernière fois les jambes, lors de l’échauffement je n’ai vraiment pas de bonnes sensations mais une fois la machine lancée, et que l’on commence la séance de 6x400 avec 1’ de récupération je suis tout étonné des chronos : 1’11 / 1’09/ 1’09/ 1’07/ 1’06/ 1’05 , les jambes sont bien là et c’est bon pour la confiance ! J

Le soir on rentre chez jackie et daniel pour faire un bon dodo et le lendemain matin c’est parti pour Annecy.

J-2 : Je m’arrête au magasin pour faire des achats pour mon avion de supporter qui va arriver du pays basque dans la nuit du vendredi au samedi : j’achète des chocolatines, gâteaux au chocolat, saucissons, jambons, biscuits apéro, … je ne veux qu’ils ne manquent de rien car ça va être du sport pour eux aussi !

Arrivé à midi sur Annecy je rejoins Dominique et Monique qui sont aussi venus du pays basque mais en fourgonnette pour eux ! On se retrouve donc sur un ponton au bord de l’eau où l’on profite pleinement du paysage et du soleil, que c’est agréable !

13H30 : je rejoins l’équipe de France au VVF, tout le monde n’est pas encore arrivé mais que ça fait plaisir de se retrouver avec tout le staff et de voir tous ces sourires, nous sommes heureux d’être là et impatients de courir !

Après avoir fait une petite sieste on se retrouve à 16H00 pour une sorte de conférence de presse et aussi faire des photos de groupe, à l’issue on part tous en ville pour manger sur les coups de 18H00 (bah oui c’est tôt mais c’est comme à l’armée ! ) car à 19h00 il y a la cérémonie d’ouverture des championnats du monde avec des spectacles et une présentation des nations présentes.

C’est sympa, il y a du monde ce sont des mini mini mini jeux olympiques, c’est rigolo et agréable !

A l’issue de la cérémonie, direction les chambres pour aller faire un dernier gros dodo !

J-1 : la nuit fut bonne mais courte, il n’y a pas de volet dans ces chambres du coup la lumière du jour me réveille assez tôt ! je traine dans mon lit (chose que je n’arrive jamais à faire ! ) car aujourd’hui faut pas se fatiguer ! Je joue donc à clash of clan un bon petit moment dans mon lit (pour ceux qui connaissent pas c’est un jeux assez addictif ! ) puis après direction le petit déjeuner.

Vers 10h00 je décide de prendre mon vélo et d’aller sur Annecy me promener et également aller faire un tour au village.

Arrivé au village vers 11h00 je vois tout le monde en train de s’installer, en fait le village n’ouvre que l’après-midi du coup je pars sur la plage me poser au soleil et travailler mon bronzage !

12h00 : il est l’heure de rentrer et d’aller manger !

14h00 : dernier briefing du staff de l’équipe de France pour continuer à nous remonter à bloc !

16h00 : je repars sur Annecy mais cette fois-ci je fais le fainéant, j’y vais en voiture.

Je retrouve ma mère qui est arrivée de Lens, que ça fait plaisir car ça faisait plusieurs mois qu’on s’était pas vus ! On part se balader au village qui cette fois est bel et bien ouvert, on fait un petit coucou sur certains stand (UT4M qui j’espère un jour me verront sur leur course, … ) puis je rentre à l’hôtel vers 19h30.

Dernière plâtrasse de pâtes puis direction la chambre pour préparer les dernières affaires car je ne m’étais pas encore décidé avec quoi j’allais courir, mes ravitaillements …

J’appelle aussi mes supporters qui doivent maintenant être à l’aéroport de Bordeaux pour prendre l’avion direction Genève et là, première mauvaise nouvelle : l’avion à 3h30 de retard et n’est pas sûr d’atterrir à Genève … le bon truc de mer… !!! pfffff sérieux j’étais blasé et franchement très énervé ! Easy jet de brun ! Alors que ma femme avait tout prévu de A à Z, avec avion location de voiture … tout tombe à l’eau ! Mais bon il en faut plus pour toucher à la motivation des troupes et les voilà donc partis à louer 2 voitures à Bordeaux et du coup à venir en caisse à Annecy !

Je pense que le trajet va être effectué en un temps record mais à quelle heure arriveront-ils ?

Il est maintenant 22h30, le sommeil commence à venir, heureusement car le réveil est à 1h15, ça fait pas beaucoup de dodo cette histoire mais vivement qu’on y soit !

1H15 : réveil ! allez c’est parti direction le petit déjeuner, tartine nutella, chocolatine, 2 bol de thé et me voilà le ventre bien rempli !

Retour en chambre et c’est parti pour s’habiller : je mets un petit débardeur en première couche, puis le maillot de l’équipe de France par-dessus, un slip (et oui je ne cours pas le zizi en l’air, enfin pas encore ! lol ) et un cuissard, et pour finir je décide de courir avec les Mizuno Kazan qui je pense sont les plus performantes en terme de dynamisme et légèreté.

2h30 : départ du bus pour la ligne de départ !

2h50 : je retrouve ma mère, Dominique et Monique sur la ligne de départ ainsi que mon autre frère Charly qui a également fait le déplacement pour pouvoir venir voir cette course, le reste des troupes étant encore en route … je discute un peu avec, puis je pars m’échauffer 5 petites minutes histoire de dire que j’ai un peu couru !

3h20 : direction la ligne de départ, la pression monte, que ça fait du bien d’enfin y être !

3h30 : c’est parti mon kiki ! On attendait ça depuis des lustres et nous y sommes enfin.

KM 2 : nous sommes partis à un peu plus de 15km/h, c’est largement raisonnable, pour l’instant c’est du bitume, ça double à droite à gauche, ça se laisse dépasser, mais ça déroule bien, j’ai déjà les copains qui sont aux avants postes et d’autres avec qui je suis, où l’on part légèrement plus doucement avec comme tactique de partir tranquillement au début et d’accélérer si l’on peut par la suite !

KM 3 : ça commence à monter, de toute façon on est partis pour 15km de montée donc nous sommes dans le vif du sujet, les places commencent à se faire, je dois me trouver vers la 20ème position et c’est exactement ce que je voulais. Il y a Patrick Bringer et Nicolas Martin pas loin devant, et je suis avec un petit groupe d’espagnols, anglais et je sais plus trop quoi !

Lorsque ça monte raide je sens que j’ai plus de mal à continuer à courir alors que sur des parties « plus roulante » ça passe bien mieux.

Toute la montée se passe vraiment bien, il y a des passages où il y a pas mal de spectateurs et aussi où je retrouve Charly qui m’encourage, c’est vraiment sympa !

Mon seul objectif étant d’arriver en haut du Semnoz en 1H50, si je passe dans ces temps, je serai très bien et toujours en course pour pourquoi-pas remonter au classement plus tard !

A mi montée, je rejoins Nicolas avec qui on fera un petit bout ensemble mais encore une fois, lorsque le terrain redeviendra très pentu, il reprendra quelques mètres d’avance jusqu’à ce que je ne l’aperçoive plus !

Le jour commence à se lever tout doucement, c’est bon signe car ça signifie qu’on arrive au sommet de la première difficulté, et effectivement, ça donne la chair de poule car plus on se rapproche du sommet plus on entend les spectateurs encourager les coureurs, c’est génial !

KM 18, 1H49 de course : ça y ai, je suis au sommet en 1H49, timing parfait, j’ai moins de 5 minutes sur la tête de course, je suis monté à mon rythme sans me mettre dans le rouge, le ravitaillement se passe très bien et vite et lorsque je sors du premier ravitaillement que vois-je ? Tous mes supporters sont au bord de la route à hurler allez benoit !!!! J’essaye de les regarder chacun droit dans les yeux, j’ai limite les larmes aux yeux lorsque je les vois m’encourager comme ça, c’est énorme !!!

Ils ont vraiment pas dû trainer en route ! Merci merci merci encore !

Mais aucune perte de temps, c’est parti pour la descente !

KM 19 : je commence donc la descente en compagnie de Patrick, Nicolas et un espagnol, le rythme est léger, on ne se rentre vraiment pas dedans et on arrive même à parler !

De plus le jour commence à se lever et la Petzel que j’ai sur la tête de me sert plus à grand-chose.

On se fait doubler et l’espagnol prend la poudre d’escampette, on aurait pu suivre mais à ce moment nous sommes restés sages et on laisse filer, Patrick rappell qu’il reste encore 6h00 de course.

KM 27 : fin de la première descente, tout se passe vraiment bien, j’ai le sourire, heureux d’être là, et c’est l’heure du premier ravitaillement en eau.

KM 28 : ça remonte ! Je suis toujours en compagnie de Patrick et Nicolas, puis derrière Fabien Antolinos nous rattrape. Le rythme est toujours bon et lorsque ça remonte fort je me fais naturellement décroché, je ne cherche pas à tout prix à « rester dans la roue », il reste encore 6h00 d’effort, donc je marche !

Je me retrouve seul mais ça ne me dérange pas bien au contraire, au moins je suis à mon rythme.

KM 34, 3h16 de course : arrivée col de la Cochette , c’est reparti pour une nouvelle descente assez pentue où j’espère rattraper mes compères ! Le jour est bien levé maintenant et il y a un léger voile nuageux, la température est clémente.

Allez je me motive à descendre un peu plus vite pour rattraper mes compatriotes !

KM 35 : le début du « calvaire » !!! Dans la descente alors que rien ne laissait présager ça, une crampe mollet / muscle qui longe le tibia me foudroie au sol !!! Je ne l’ai pas venue venir, il n’y avait eu aucune alerte auparavant, et là, tout d’un coup ça me paralyse la jambe à tel point que je m’écroule par terre en regardant ma jambe se tétaniser et gonfler, mais un truc de fou !!!

Quand je me revois dans cet état je me dis que ce n’est pas possible, je fais du cinéma mais franchement sur le coup la douleur était énorme, je me retrouve donc cloué au sol comme un vers de terre, si j’avais pu je me serai caché sous terre mais non, ma carcasse ne me le permettra pas !

Donc j’attends des dizaines de secondes interminables que la crampe passe, puis au bout d’un moment j’arrive à péniblement me relever et repartir à deux à l’heure, et lorsque je regarde mon GPS qui m’indique qu’il me reste encore 50 km avec presque 2500 de D+, je me dis mon coco t’es bien mal barré !!! Je pense donc de suite à mes supporters qu’il ne faut pas que je déçoive et je me dis tu finiras coûte que coûte, interdiction d’abandonner, faudra tout donner pour finir et si possible finir le plus tôt possible pour profiter de la journée aussi !

Sur le coup je perds forcément quelques places mais je sais très bien qu’à ce moment, mon objectif sera de rallier la ligne d’arriver et que me faire doubler ça va arriver régulièrement !

Mon moral tombe dans les chaussettes très vite, tous mes espoirs de réaliser une super course sont désormais anéantis, quel dommage après tant d’investissement …

Et comme une mauvaise nouvelle n’arrive pas seule, des crampes d’estomac apparaissent ! c’est pas possible, j’ai la poisse ! (on verra plus tard que c’est pas la poisse mais la chiasse ! lol)

Le mal de ventre se fait de plus en plus pesant et ce qui devait arriver arriva : je mets le clignotant à droite et je me vide une première fois, grosse diarrhée dont je ne vous ferai part des détails ! (pour ceux qui veulent des détails, m’envoyer un mail avec tout ce que vous souhaitez savoir, de la quantité à la qualité, je saurai vous répondre ! J )

Donc je me vide 4 fois dans la descente avec un bon gros mal de bide, d’où l’équation suivante :

Crampes + diarrhée + 50km à faire = c’est la merde !

Je m’accroche à des athlètes qui me doublent en me disant de ne rien lâcher, comme l’a dit notre coach Philippe Propage faut rien regretter et tout donner donc même si je suis dans les choux, et bien je me défonce, hors de question d’en garder sous la pédale, je porte tout de même le maillot de l’équipe de France sur les épaules, faut l’honorer ce maillot !

A la fin de la descente on arrive sur une partie de bitume qui durera environ 4km, nous sommes un petit groupe de 4 et je m’accroche pour essayer de garder un semblant de rythme et rester un tant soit peu dans la course.

KM 43, 4h23 de course : J’arrive alors comme je peux à Doussard, mes supporters donnent toujours autant de voix mais je suis quand même pas très bien, il me reste un gros bout de chemin à faire, j’espérais vraiment assurer pour cette course mais je me rends à l’évidence ce sera un jour sans, restera à limiter la casse.

Ce qui est énorme c’est la motivation de mes supporters qui m’encouragent sans faiblir, ils croient en moi mais ils doivent aussi voir à ma tête et aussi à mon retard pris que tout ne va pas pour le mieux.

J’arrive au ravitaillement et je dis au staff que ça va moyen mais que je continuerai à tout donner, je bois 4 verres de coca d’affiler pour que mon mal de bide passe, je change de bidon, je prends ma banane et je repars en essayant de perdre le moins de temps possible et aussi de rester au contact avec les 3 autres athlètes avec qui je suis arrivé au ravitaillement.

Dans le même temps, Philippe le coach me motive en me disant qu’il faut que je passe devant l’espagnol qui est devant moi, on se fixe des petits objectifs et on se motive comme on peut mais ça marche ! Donc je repars en me fixant comme objectif de me retrouver devant cet espagnol !

KM 45 : nous attaquons la montée du col de la forclaz, en montée je retrouve quelques sensations (tout du moins je le crois ! ) , car j’arrive à doubler tous ceux qui étaient passés devant moi durant la dernière descente. Le fait de rattraper du monde booste le moral et ça fait vraiment du bien. De plus je passe devant l’espagnol donc j’ai une pensée pour Philippe en me disant premier contrat rempli !

La montée se passe bien, aucun problème de crampes, mon allure à l’air d’être bonne, ça fait du bien de reprendre du poil de la bête ! Enfin je retrouve du plaisir !

KM 50 : Arrivée au col de la Forclaz, tous mes supporters sont présents et donnent encore plus de voix, les autres personnes doivent perdre un œil ! Il y a des allez Benoit dans tous les sens, qu’est ce que c’est bon !!! Mes supporters font quelques centaines de mètres à mes côtés en descente en criant tous ce qu’ils peuvent, ils sont énormes !!!

Durant la descente qui n’est pas trop pentue ni technique et assez courte aussi, je rattrape un deuxième espagnol ! Cool me dis-je, en voilà un deuxième à mon tableau de chasse ! lol

On arrive à un ravitaillement en eau, je fais le plein assez vite, j’essaie de boire au robinet et là tout se casse la figure car les robinets tenaient sur des tréteaux, et j’étais assez confus par rapport aux bénévoles qui ont dû réparer ma connerie … lorsque je repars les 2 espagnols arrivent, ils sont pas loin les bougres !

Et à ce moment c’est reparti pour une montée très pentue, où je vais marcher la majeure partie du temps.

KM53 : durant la montée je continue à grapiller une place, mon rythme à la marche est toujours bon, et je rattrape un autre athlète, puis j’arrive à avoir en visu un copain de l’équipe de France, Julien Rançon qui n’est plus très loin. Les espagnols sont assez loin derrière, je ne les vois plus.

A ce moment de la course je dois me trouver en 15ème position, ce qui n’est pas si mal me dis-je, mais j’ai envie de toujours faire mieux !

Il y a encore quelque temps je me demandais comment j’allais finir la course et si j’allais réussir à la terminer et maintenant je me retrouve 15ème, donc ce n’est pas si pourri que ça malgré mes ennuis.

On continue donc de monter et je rattrape Julien qui n’est pas très bien mais qui avance encore pas mal pour quelqu’un qui n’en peut plus ! On fera un bon petit bout de chemin ensemble.

A ce moment le soleil commence à pointer le bout de son nez derrière les quelques nuages et je me dis qu’il ne faut pas trop de soleil sinon il fera vite très chaud !

KM 55, 5h38 de course : on arrive au chalet de l’Aulps, et il y a un Espagnol (et oui encore un ! ) à l’arrêt sur une table, il ne doit pas se trouver très bien, et avec Julien on continue notre montée, on arrive sur la partie la plus pentue et Julien lâche du terrain, je pars donc seul en essayant de garder le meilleur rythme possible car je sais qu’a l’issue une terrible descente super casse patte arrive et ça va être là que je risque de perdre encore beaucoup de temps.

KM 58, 6h15 de course : J’arrive au sommet, il y a pas mal de personnes au sommet, ça fait plaisir et le plus sympa aussi c’est le troupeau de chèvre qui a pris place en plein sur le passage et qui ne bouge pas d’un poil lorsque l’on passe à côté d’elles ! C’est excellent de se retrouver avec des animaux comme ça en pleine nature et qui ‘ont pas peur de nous, j’en garderai un super souvenir ! En plus à ce moment ça monte toujours, j’aime ça et je me sens pas mal !

KM 60 : retour à la difficulté … ça descend, et je rattrape de nouveau froid avec à nouveaux des crampes d’estomac … pfffff du coup je refais des haltes mais cette fois je ne m’embarrasse plus à mettre le clignotant et basculer sur le côté : je m’arrête en plein milieu du chemin, je fais ce que j’ai à faire et repars dans la foulée ! Je vous épargne encore les détails mais en gros ce sont les mêmes que tout à l’heure ! Les crampes reviennent mais je mets vraiment le frein à main dans la descente pour éviter de me retrouver à terre comme je l’ai été tout à l’heure. De plus je dois m’arrêter 6 fois dans la descente à cause de ce mal de bide qui est revenu pour faire mes besoins, pffffff , c’est vraiment la loose ! Le point positif est que j’ai semé de l’engrais partout dans la descente ! J On va pouvoir faire pousser n’importe quoi dans cette vallée maintenant que j’y suis passé ! lol

Durant la descente ce qui devait arriver arriva, les 2 espagnols m’ont doublé comme des flèches, qu’est-ce que j’aurai aimé descendre comme eux, punaise, franchement je les ai enviés !!!

Julien me rattrape et me double aussi, puis encore un autre athlète, en descente je suis vraiment à deux à l’heure, de toute façon je ne peux pas faire autrement sinon c’est crampes à me rouler à terre tel le vers de terre qui cherche à regagner sa demeure …

Cette descente est vraiment terrible, longue, très pentue, avec du caillou, et elle est vraiment interminable et pas intéressante du tout ! Vivement qu’elle se termine mais que c’est long !

En plus j’ai perdu des places, je dois me retrouver aux alentours de la 18ème place, le moral baisse légèrement mais je sais que maintenant j’arriverai au bout de cette épreuve et c’est là le principal : terminer !

KM 62 : fin de la descente : enfin !!!!! j’ai en ligne de mire l’espagnol, julien et un autre athlète, je vais enfin pouvoir me refaire plaisir, car nous arrivons dans une portion de montagnes russes, les sensations reviennent car le mal de bide est parti (je pense que je n’ai plus d’engrais à semer du coup ça va mieux, ouf ! ), pas de grosse descente en vue donc le risque de me retrouver par terre à cause des crampes devient plus faible, en plus je ne suis pas seul donc c’est cool !

On fait donc un bout de chemin tous ensemble, le plaisir est de nouveau revenu, je bois et mange toujours régulièrement pour arriver au bout de cette épreuve car ce n’est pas encore fini, il reste plus de 2h30 d’effort encore !

KM 70, 7h15 de course : dernier ravitaillement ! Mes supporters m’attendent toujours autant excités, ça hurle dans tous les sens avec des sourires énormes, qu’est-ce que c’est toujours aussi bon !!!

J’arrive avec Julien pour me ravitailler, je reprends mon camel back 1.5L plein d’eau/coca, je mange 2 bananes et refais le pleins de Clifbar et c’est reparti avec Julien.

Une dernière montée de 1000D+ suivi d’une descente de 1000D- nous attend, je sais encore qu’en montée ça va aller mais ça va surtout être la descente qui risque de me faire exploser !

Mais c’est donc parti mon kiki ! Je ne me ménage toujours pas, je me dis que je peux encore gagner des places car il reste 2 bonnes heures de course, et surtout j’aimerai ne pas en perdre du coup je monte le plus vite possible ! (enfin j’essaie !)

Les espagnols ont mis plus de temps au ravitaillement et nous sommes partis devant eux avec Julien.

Au début de la montée j’aperçois une civière, je me dis mince, il y a un athlète qui a du faire un gros capot, et la ma surprise fut totale : c’était Sebastien Spelher qui a fait un malaise et qui était vraiment HS.

J’étais vraiment super blasé et déçu pour lui, il est vraiment super fort, mais c’est la loi de ce sport, si on omet un petit détail, la course est tellement longue que ça peut vite se retourner contre nous.

De plus il faut toujours un petit coup du destin aussi pour remporter de si grandes épreuves, et si la malchance s’en mêle et bien ça peut vite devenir difficile ! En tout cas chapeau à lui car pour se mettre dans un état comme ça il a dû vraiment aller au bout de lui-même !

Donc avec Julien nous nous sommes arrêtés 30 secondes pour essayer de lui parler et l’encourager mais il était vraiment pas bien et déjà bien entouré par les secouristes, je décide donc de repartir alors que Julien restera un peu plus longtemps à ses côtés.

Je pars donc seul dans cette dernière longue montée, la chaleur commence à se faire ressentir et j’essaie de marcher le plus à l’ombre possible, tout en gardant le meilleur rythme possible !

KM 73 : on m’annonce Fabien Antolinos à 2 minutes, punaise ça fait du bien au moral de savoir qu’il y a quelqu’un devant pas très loin, ça motive à continuer son effort pour après continuer la course avec quelqu’un. Je vais poursuivre mon effort, go go go !

KM 76 : la montée est vraiment super longue, et l’on m’annonce 50 secondes de retard sur Fabien, j’ai peut être un bon rythme mais lui aussi ne faiblit pas plus que ça car je grapille secondes par secondes mais ça va pas vite ! A ce moment je suis en 13ème position, moi qui espèrais secrètement un top 10 ça ne le fera pas mais ne sait-on jamais !

KM 78, 8h39 de course : c’est bientôt la fin de la montée, je sais que j’ai légèrement faibli, le soleil commence à taper, je n’ai pas pris de casquette, et puis j’arrive à me perdre !!! Au bout de quelques mètres je ne voyais plus de balisage et franchement le parcours était super bien balisé du coup je reprends un semblant de lucidité et je fais demi-tour. J’arrive à retrouver le bon chemin et franchement je ne sais pas comment j’ai fait pour me tromper de chemin car il y avait une grosse croix rouge par terre avec un gros balisage qui partait à droite mais voilà, au bout de plus de 8h00 d’effort, je devais être perché sur mon nuage et je suis allé tout droit, comme quoi ça peut vite arriver la connerie !

Le moral en prend un tout petit coup, j’ai dû perdre du temps avec ma bêtise et en plus une dernière grosse descente est au menu ! J’ai les jambes explosées comme jamais je ne les ai eues, et je pars donc pour me finir physiquement ! Il y a 2 « trailers » qui me suivent dans la descente, je n’avance plus et je me dis que je dois être triste à voir, de plus à chaque foulée plus « bondissante » ou plus « appuyée » , mes mollets me rappellent direct qu’ils sont à la limite de la crampe, franchement il y a plusieurs fois où je suis à deux doigts de m’écrouler par terre mais je tiens le choc, je serre les dents et je continue mon bout de chemin en espérant ne pas perdre trop de places dans la descente.

A ce moment je pense aux premiers qui ont dû passer comme des fusées avec des jambes encore très bonnes alors que moi je suis là à me traîner en espérant en finir sans tomber par terre de fatigue, que c’est dur !

D’ailleurs c’est aussi une des seules descentes où je n’ai pas attrapé froid, je n’ai pas dû faire de halte, heureusement d’ailleurs car vu que j’avais du monde derrière moi, si jamais j’avais dégainé mes fesses en lâchant tout ce que j’avais dans le bide, je pense que plusieurs personnes auraient fait de gros cauchemars pendant plusieurs semaines ! lol

Malgré tout ça, à ma grande surprise personne ne me rattrape, heureusement que dans la dernière montée j’y suis allé de bon train car j’ai su que lors de la dernière descente, alors qu’au sommet j’étais à moins d’une minute de Fabien, et bien en bas j’étais à plus de 15 minutes maintenant ! Quel temps perdu ! Mais c’est le jeu ma pauvre lucette ! lol

Dans le même temps je commence à sentir une grosse fatigue générale, le coup de bambou n’est pas très loin, est-ce que c’est le fait qu’inconsciemment je sais que c’est fini où bien ai-je joué avec mes limites physiques que je suis en train d’atteindre ? Ce doit être un peu des deux …

KM 83 : La descente est enfin terminée, quel bonheur, on touche enfin à la fin ! Je sens que le corps n’en peux plus, je commence à rentrer en hyper ventilation alors que je ne vais vraiment pas vite, je sens la chaleur me monter à la tête, il est vraiment temps que ça se termine mais j’essaie tout de même de profiter de ces derniers instants avec tout ce monde au bord du chemin, c’est super tous ces encouragements.

Derrière moi personne en vue, ma place est faite, je serai 13ème, j’ai vraiment tout donné, aujourd’hui je ne pouvais faire mieux, c’est le sport qui veut qu’on ne gagne pas à tous les coups sinon ce serait trop facile !

KM 85, 9h17 de course : J’arrive enfin à la ligne d’arrivée, que ça fait du bien de savoir que c’est fini et qu’est-ce que j’en ai chié ! J’ai jamais autant ramassé ! Tous mes supporters sont présents et me félicitent, je suis super heureux de les retrouver et il me tarde d’être assis avec eux autour d’une bonne bière à rigoler et profiter d’eux !

Mais de suite, j’en peux vraiment plus, je suis à la limite du malaise, je sens que ça ne va pas et je pars m’allonger dans un coin à l’ombre. J’ai l’estomac retourné, les jambes dans un état que je n’imaginais même pas et je reste là, seul à essayer de récupérer alors que ma femme essaie de me rejoindre mais on lui interdira le passage …

Au bout d’une quinzaine de minutes alors qu’une gentille bénévole était venue me rapporter une bouteille d’eau j’essaie de me relever et là c’est la mort !!! Impossible de faire le moindre effort avec les jambes car les crampes apparaissent aussitôt ! Je n’arrive pas à me lever tout seul c’est catastrophique ! Heureusement un gentil anglais où américain viendra me prêter main forte pour me relever sinon tout seul et bien j’y serai encore là-bas !

Je retrouve tant bien que mal mes supporters qui me cherchaient aussi et on va directement se poser sur un ponton où il y a du soleil et de l’ombre !

De là, Mattin et Digo m’aide à m’assoir car encore une fois, tout seul je n’y arrive pas, les crampes sont omniprésentes, que ce soit au mollet ou sur le devant des cuisses, j’ai jamais eu ça et c’est vraiment horrible car je suis bon à rien et l’on ne peut strictement rien faire !

De cette position, les amis sont partis chercher les provisions que j’avais faites, desperados pour tout le monde, saucisson, jambon, gâteaux, fromage, chocolatine, …

Les crampes continuaient à venir, ça ne s’arrêtait jamais, j’ai vraiment jamais vécu ça, c’est franchement très désagréable ! Mattin et digo sont encore venu m’aider à me changer car toujours impossible de bouger !

La seule chose à faire c’est se réhydrater, chose que je fais en buvant plusieurs bières mais je ne comprends pas, les crampes ne passent toujours pas ! En tout cas le stock de bière descend, ça fait du bien de savoir que je ne les ai pas prises pour rien !

Après un bon petit moment à se trémousser au soleil, à voir pachy et antoine jeter paula et mélanie dans l’eau, il est l’heure de se quitter pour que chacun puisse aller se reposer un peu et aussi pour que je puisse profiter de ma petite femme !

Avant la remise des prix je repasse au stand UT4M où la tireuse à bière est en marche et où l’on m’offre gentiment un demi.

Samedi 19h00 : nous sommes tous rassemblés avec l’équipe de France pour les podiums, pour ma part je n’ai pas ramené grand-chose mais heureusement que les autres avaient la patate : on a donc chanté 4 fois la marseillaise, 2 fois pour les podiums individuels homme et femme et deux fois pour les podiums par équipe hommes et femmes aussi ! C’est un carton plein pour notre nation, c’est vraiment super !

Donc mention spéciale à Sylvain Court, champion du monde et Nathalie Mauclair championne du monde ! Félicitations à eux, ce sont de véritables champions !

Après la cérémonie, petit mot du staff qui fait super plaisir, d’ailleurs sans eux l’équipe ne serait pas à ce niveau ! Le président de la fédération était aussi là ainsi que le DTN, ça fait plaisir de les voir !

On profite encore de ces derniers instants tous ensemble, puis après je retrouve mon équipe de supporters avec qui nous décidons d’aller se boire un coup en ville et de se trouver un bon restaurant pour se casser le ventre ! On trouve ça assez facilement, on commande une grosse pinte de bière, un maxi-burger, on se casse bien le ventre et on est bien tintin !

A l’issue de ce bon cassage de ventre, les plus furieux (Antoine, Mattin et Pachy) partent dans Annecy finir la soirée comme il se doit tandis que moi-même et les autres partons nous coucher, je suis quand même bien défoncé et j’ai surtout les jambes en compote.

On me ramène à l’hôtel, avant d’aller me coucher je passe au bar voir si il y a du monde et quelle surprise je vois lorsque que j’entends un karaoké, apéro, petit four, c’est encore la fête !

En plus c’est sympa, des autres athlètes se joignent à nous pour danser et profiter de cette dernière soirée. Pour ma part je ne traine pas trop, je suis explosé et demain j’ai mes 9h00 de route qui m’attendent …

Le lendemain, après un énorme cassage de ventre au petit déjeuner, c’est l’heure de dire au revoir au staff et aux membres de l’équipe de France, j’espère de tout cœur que ce ne sera pas la dernière fois que je les revois et je pars retrouver mes supporters avec qui on va faire un tour au marché pour acheter du fromage et se manger un big sandwich à la raclette trop bon !

Dimanche 13h00 : c’est parti pour les 9h00 de route et le retour au pays basque …

En conclusion :

Un résultat mitigé, décu de ma performance car je suis capable de faire bien mieux mais en même temps heureux d'avoir réussi à finir à cette 13 ème place qui à un moment donné me paraissait inaccessible.

J’ai dû passer des heures et des heures à essayer de comprendre pourquoi une crampe à me mettre par terre est arrivée aussi tôt dans la course et plusieurs pistes sont à creuser :

1-En préparation il a dû me manquer du dénivelé, les 15 derniers jours avec le déplacement dû au boulot je n’ai pas fait de montagne, ça a peut-être dû me pénaliser.

2-Lors des 2 premières heures de course je n’ai peut-être pas assez bu …

3- Mon petit déjeuner était principalement sucré, est-ce que je n’ai pas eu une carence en sel …

4- Mes lacets étaient ultra serrés, peut-être un peu trop …

5- Inconsciemment j’étais peut-être au-dessus de mes capacités durant les premières heures de course mais j’ai du mal à y croire car j’étais constamment en train de me freiner pour justement ne pas être en sur-régime.

Par contre il y a tout de même des points positifs :

Aucun échauffement, aucune ampoule au pied (merci Mizuno pour les chaussures, les Kazan se sont révélées très performantes et agréables, elle me conviennent parfaitement !)

Merci donc Mizuno de continuer de me soutenir et de me fournir du bon matériel pour m’entraîner, particulièrement Benoit Holzerny qui était sur le parcours à m’encourager.

Merci Endrurance shop bordeaux pour les bâtons de marche, je n’étais pas sur de les utiliser, et bien arrivé à mi-course, je ne me posais plus la question, je les ai pris dans la foulée !

Merci Clifbar pour les barres et gélatines, durant la course je ne me suis nourri que de ça avec les bananes et ça a largement suffit.

Encore un gros merci à Nathalie (ma femme qui est la première a devoir me supporter, avec mes entrainements à la pelle et qui doit aussi me partager lorsqu’on se déplace sur les courses), Anita (ma belle-mère qui nous garde régulièrement les enfants et ça nous rend énormément service), maman, Aurélie (et tes pots de chocolat après chaque courses), Jean-Marc, Mélanie, Paula , Antoine, Pachy, Mattin, Dominique et Monique d’être venus, ça m’a réellement touché que vous soyez venu pour moi, ça restera gravé dans ma mémoire à vie !

Je n’oublie pas non plus notre cher Ludovic Dédé national qui nous a gardé nos enfants et grâce à qui ma belle-mère a pu venir, merci Ludo t’as le droit à un open bar de bière chez moi sans souci !

Eñaut j’ai vu que t’étais à fond derrière moi tout comme Eric, Patrice, Matt, Julien et Yan d’endurance shop et tant d’autres personnes que je ne peux pas citer tout le monde !

D’ailleurs c’est officiel, Endurance Shop Pays Basque ouvrira prochainement un magasin sur Anglet courant Juillet, c’est bon ça ! Sans oublier Trail Runner Fondation qui ont toujours un mot d’encouragement également.

Merci à l’équipe de France et au staff de nous avoir permis de vivre des moments que tout sportif rêve de vivre.

Enfin merci à vous tous, que je connais de plus ou moins loin pour votre soutien, vos encouragements et vos sourires, ça motive à continuer à se surpasser !

Cela restera une expérience inoubliable et je suis sûr que ça me servira pour la suite de ma « carrière » !

Nous sommes jeudi, 5 jours après la course et j’ai toujours mal aux jambes … et j’en suis à + 5kg tellement je me gave de cochonneries mais que ça fait du bien !

Faut que j'arrête de me gaver sinon voici ce qui pourrait m'arriver ! ;)

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01 / GRUISSAN PHOEBUS TRAIL 2015 : 50 km

Publié le par bigben

GRUISSAN PHOEBUS TRAIL 2015, 50km, 2ème manche TTN



La préparation :


Je ne fus pas complètement satisfait de ma préparation pour plusieurs raisons :
- je traîne une gêne au tendon d'Achille droit depuis presque 3 semaines qui m'empêche de me faire de bonnes séances sur du plat : en effet, dès que je cours sur du bitume sans dénivelé j'ai vraiment une grosse douleur qui apparaît et ce qui est bizarre c'est que par contre, lorsque je cours en trail avec du dénivelé, je n'ai quasiment aucune gêne !
J'ai donc axé ma fin de préparation sur des sorties vallonnées de 30km maximum alors que j'aurais voulu faire des sorties de 40km.
- de plus la météo exécrable de fin janvier n'était pas propice à l'entrainement !
- pour finir, je décide que la dernière semaine je n'irai pas courir pour laisser reposer le tendon et lors de ma seule sortie de 10km tranquille sur du plat le vendredi matin, et bien franchement c'était catastrophique ! grosse douleur ... je me disais que si j'étais sérieux, et bien faudrait presque que je déclare forfait ... mais on se refait pas et je me dis chiotte ! je cours avec cette douleur depuis presque 3 semaines et ça tient, c'est pas 50km qui vont me faire abandonner !


Et puis au fond de moi, les sorties trail se passaient relativement bien, donc je me dis que c'est pas un marathon tout plat que je vais courir et que ça va passer !


Je décide donc d'y aller, accompagné de ma chérie, ça permet de concilier passion et amour, c'est génial !
Nous sommes samedi matin, après avoir accompagné Eneko au rugby, et laissé Amaia à mita ( sa grand-mère ), c'est parti pour Gruissan !
Nous en avons pour 5h00 de route environ, on fait une halte sur Toulouse pour manger, puis nous arrivons donc sur Gruissan aux environs de 15h30.


Sur place j'assiste à l'arrivée des premiers du Trailhounet, puis je fais connaissance de la famille Ferrasse ! Pour l'inscription et le logement j'avais eu à faire à la responsable de l'organisation Sylvie Ferrasse, et sur place je croise Yves ( son mari ), sa fille, sa soeur, toute la famille est de la partie !
En tout cas c'est un boulot de fou et chapeau à toi Sylvie ( ainsi que tous les autres bénévoles ) pour cette super organisation !
Je passe aussi faire un tour aux différents stands de courses qui sont présents ( notamment au trail des citadelles ).


Après avoir récupéré le logement, je pars avec Nath reconnaître les 2 points de ravitaillements qui sont sur la course pour qu'elle n'ait pas de souci à les trouver.
Les 2 ravitaillements sont près de la route principale, ça facilitera grandement la tâche à Nath !
A l'issue, direction le bar de la paix pour se boire la bière de la gagne ! La veille des templiers j'avais bu une bière et ça m'avait réussi donc je me dis que chaque veille de course je peux m'en boire une ! ( mais une seule bien sur !!!! ;) )


Il va être 19h00, on se dirige avec Nath au casino de Gruissan où a lieu la pasta party, mais avant, étant donné qu'on est au casino, et bien on va aller jouer 20 euros aux machines à sous ! On se met à une machine à 20 centimes, les 20 euros se transforment en 15 euros, 10 euros, ... des fois quelques pièces tombent et on sait pas trop pourquoi, on remonte à 14 euros, on redescend à 10 euros et là, bingo ! Nath met 20 centimes, tire la manette et glinglinglinglinglingling !!!!
pleins de pièces tombent ! excellent !!! on est riches, très riches !!!! champagne pour tout le monde !!!! on va pouvoir se payer des vacances de fous, changer de voiture, ça va être génial !!!! qu'est ce que c'est bon d'entendre le bruit des pièces ne jamais s'arrêter de tomber !!! c'est du pur bonheur !!!!
Toute les bonnes choses ont une fin et les pièces ne tombent plus, il est grand temps de faire les comptes alors c'est parti ! vu toutes les pièces qui sont tombées on se met à les compter à deux .
Roulement de tambour !!!!!!!
4, 3, 2, 1,
nous nous retrouvons donc en possession de la somme de trente deux euros ce qui fait 12 euros de gains au total !!!!!!
bon, c'est sur que pour les vacances et la voiture c'est loupé, mais pour aller boire un coup au bar le lendemain après la course, c'est gagné ! ;)
Vous y avez cru que j'avais gagné le jackpot ? j'espère que oui ! mdrrrrr !!!
On décide donc de repartir avec nos 12 euros de gains direction la salle à manger pour la pasta party, où nous recroisons Sylvie, et nous mangerons avec Thomas Saint Girons ( nous dormirons également sous le même le toit ).
D'ailleurs quelle santé ce Thomas, toujours aussi compétitif après toutes ces années de trail, c'est vraiment un monsieur .
Après avoir bien mangé, direction l'appartement pour un bon dodo.

 



Dimanche 07h00 : réveil ! que c'est agréable de ne pas se lever aux aurores.
Après un bon petit déjeuner ( merci endurance shop bordeaux pour le gatosport ;) ) on se prépare doucement, mon tendon à l'air de se porter bien, vivement le départ qu'on voit si ça tiendra.
Je prépare ma ceinture avec le matos obligatoire, couverture de survie, sifflet, coupe vent, et une réserve d'1L5 d'un mélange eau/coca .
Aux pieds je porte des Mizuno Kazan qui sont je pense très compétitives, très légères et très confortables. Pour le reste ce sera cuissard court et t-shirt technique Mizuno, on fait simple et minimaliste.
En nourriture ma chérie prend les bananes, et moi je prends des brownies et du lait concentré.
Il va être 08H15, on prend la voiture direction le départ.


C'est la première fois que je suis le favori d'une course de cette envergure, ça me change des templiers et de la Saintélyon où j'arrivais toujours "incognito".
De plus après ma sélection en équipe de France, je suis encore plus attendu.
J'ai donc une certaine pression même si c'est pas une course qui va changer grand chose, mais pour rendre la pareille à ceux qui me font confiance, je me dois de faire un bon résultat ! Gagner serait la cerise sur le gâteau mais pendant 50km il peut s'en passer des choses.
Puis je ne sais pas pourquoi mais même si je me sais en forme, j'ai une certaine appréhension ...
Du coup en tactique de course, et bien je décide de rester le plus longtemps collé à la tête de course, puis au fur et à mesure on avisera, mais hors de question de partir seul dès le début.


08h45 : je décide d'aller trottiner 5', j'ai peur pour mon tendon donc je choisis d'en faire le moins possible.


08h50 : on m'appelle au micro pour m'équiper d'une balise GPS.
La pression monte doucement, un monsieur de l'organisation vient même me voir pour me faire part de ses doutes quant à mon matériel : selon lui je ne disposerais pas du matériel obligatoire ! je suis un peu blasé qu'il vienne juste me voir moi alors que je prends toujours tout ce qui faut car étant donné que je joue les premiers rôles, je me dois de montrer l'exemple en étant exempt de tout reproche !
Tout ça pour dire que j'aimerais presque qu'à l'arrivée on nous contrôle pour bien voir qu'on dispose du matos obligatoire, et si il nous manque des choses, et bien soit c'est disqualification, soit des pénalités !

 


Revenons à nos moutons:
nous voilà donc sur la ligne de départ, je croise des têtes connues comme Julien Jorro, on se dit bonne chance et bonne course et c'est parti mon kiki !


KM 1 : ça part relativement tranquille, personne n'ose prendre la poudre d'escampette dès le début .

 


KM 2 : première rampe de lancement, on attaque un petit mur, mais nous restons toujours tous groupés, le peloton est mené par Fabien Chartoire qui connait bien cette course . Ca monte, ça descend, c'est plat, le rythme est vraiment cool, c'est bizarre .... mais toujours personne ne se risque à accélérer, de toute façon la course est encore longue, moi ça me va ! c'est toujours Fabien qui mène, je reste toujours calé à la 2ème/3ème place, ça me fait penser au vélo ou on se regarde un peu et ou personne n'ose prendre ses responsabilités !
Ca va dérouler comme ça jusqu'au KM 7

 


KM 7 : ça y est ! il y en a un qui décide que ça va pas assez vite et qui prend donc la tête en accélérant, c'est Erik Clavery. Et là, assez rapidement nous ne nous retrouverons plus qu'à 4. Il y a donc Erik, Tony Moulay ( ancien triathlète international ), David Gosse ( avec de très grosses performances sur du court ) et´moi même ! Sur le plat ça va quand même assez vite, Erik et Tony se relayant, moi restant en troisième position et David fermant la marche.
Derrière personne n'a suivi.
Je suis quand même satisfait que ça ait accéléré, ça permet de voir ou chacun se situe et je trouve que je suis pas mal, et surtout super bonne nouvelle : mon tendon ne me fait pas souffrir plus que ça ! c'est génial ! je suis trop heureux !
On alterne donc de petits layons, des cailloux, des petites montées, ça va vite et je pense qu'on commence à creuser un petit écart sur nos poursuivants. Pour l'instant tout va bien ! De plus malgré la pluie le terrain me convient très bien, pas trop technique, on peut "envoyer" sans prendre trop de risque, c'est parfait.


KM 20 : nous arrivons au pied d'une côte ou Erik commence à marcher. Je me sens très bien, je peux la faire en trottinant ! du coup je décide d'accélérer légèrement durant cette montée et je prends la tête. Je fais assez vite un tout petit écart, c'est de bon augure pour la suite car personne ne me suit ! Arrivé au sommet, c'est de nouveau "plat" et je me laisse rattraper par Erik et Tony, mon accélération a fait sauter David Gosse. Nous ne le reverrons plus et je n'apprendrai qu'à l'arrivée qu'il aura abandonné au 38ème km .
Du coup on se retrouve à 3, ça sent le podium cette histoire ! Maintenant dans quel ordre, on sait pas encore, surtout que ce Tony je sais pas du tout ce qu'il vaut en trail, et qu'Erik reste un gros client !


KM 25 : Tony accélère ! et bien dis donc, il commence vraiment à me faire peur celui-là ! sur le plat il va vraiment vite, je décide de pas le lâcher d'une basket car je sais qu'en descente et en montée je suis plus à mon avantage. Donc si je reste collé à lui sur le plat, c'est moi qui pourrais lui rendre la pareille sur les terrains plus techniques.C'est peut être pour ça que d'ailleurs dès que c'est plat, il appuie sur le champignon car il doit savoir que par la suite ça va être plus dur pour lui.
C'est ça qui est bien en trail c'est qu'il faut être complet, pour gagner on peut pas se permettre d'être bon que sur le plat ou qu'en montée ou qu'en descente, il faut être bon partout !
Cette nouvelle accélération fait sauter Erik, enfin sauter est un grand mot car il doit être à moins d'une minute de nous.
Je me retrouve donc en compagnie de Tony, punaise, il va pas nous la faire à la Benoit Cori et gagner alors qu'il n'était pas forcément "le favori" ! lol ;)


KM 30 : le tournant de la course : j'avais étudié le profil de la course et je savais que "la plus grosse difficulté" se situait après le premier ravito au km30.
J'arrive donc avec Tony, Erik doit être à une minute je pense, et grâce à ma chérie je fais un ravitaillement super express, elle me file un bidon plein ( toujours mélange eau/coca ), une banane, je lui fais un bisous salé et je repars aussi sec !
Et là, pas de chance pour Tony qui n'a pas son assistance, il doit remplir son bidon au ravitaillement et il repart donc une bonne dizaine de secondes derrière moi. C'est à ce moment que je fournis mon effort et ça monte sec. Je me dis que c'est maintenant que je peux creuser un petit écart pour garder du jus pour la suite car ce Tony m'effraie tout de même ! De plus je veux aussi montrer que je suis présent et qu'il faudra compter sur moi pour tout donner pour remporter ce trail !
Et maintenant c'est l'inconnue pour moi ! je suis seul devant, c'est super mais en même temps ce qui est embêtant c'est que l'on ne connait jamais les écarts avec nos poursuivants, est ce que mon rythme est bon ? vais-je trop vite ? suis-je en train de me cramer ? ou au contraire, inconsciemment suis-je en train de lever le pied et mes poursuivants me rattrapent-ils ? j'en sais rien du tout et c'est chiant !!! lol
A chaque montée je décide donc d'intensifier mes efforts puis sur le plat et en descente je gère en ne prenant pas de risques inconsidérés et en courant à "l'économie".
En plus le temps se casse bien la figure, il pleut, je me retrouve dans les nuages par moments, alors faut vraiment rester attentif et pas se perdre ou louper une balise, ce serait trop bête ! concentration, concentration, concentration !

 


KM 35 : je sens des débuts de crampes ! pfffff c'est pas possible ! ça veut dire que sur le plat et en descente ça va être dur d'envoyer ... pffff c'est nul ! mon rythme est toujours bon mais faut pas que je déconne, il faut courir à l'économie .
Il y a un passage qui est bien sympa, on a l'impression de passer à travers de petites gorges, on peut pas courir très vite mais c'est vraiment agréable.
Allez prochain objectif, le deuxième ravitaillement, si j'y arrive en bon état, je pense que la course sera gagnée !
En attendant il y a une dernière descente assez abrupte, puis enfin me voila me présentant au deuxième ravitaillement où ma chérie est toujours là avec le sourire sous un pont pour se protéger de la pluie.


KM42 : ravitaillement 2 : changement de bidon, banane, bisous salé ! :)
et c'est reparti mon kiki ! ce qui est bien c'est qu'on fait une petite boucle et au bout d'à peine 1 km j'ai toujours visuel sur le ravitaillement et je n'ai vu personne passer ce qui veut dire que je dois avoir au minimum une avance de 2 minutes sur mon premier poursuivant ! yes yes yes, ça sent vraiment bon cette histoire ! en théorie si je ne pète pas une durite, c'est gagné ! il n'y a plus qu'à assurer ! yes yes yes !!!!
Je pensais que les 7 derniers kilomètres allaient être tout plat mais en fait Il y a quelques derniers coups de culs à passer, c'est pas grave, être en tête ici avec de tels champions derrière moi me donne des ailes !
En arrivant, j'ai de plus en plus d'encouragements, je double aussi les derniers du 25 km, qu'est ce que c'est bon de savoir que la victoire va arriver !!!

 


Je continue donc mon bonhomme de chemin, et ça y est, j'aperçois l'arrivée !
KM 50 : que du bonheur ! franchement j'étais vraiment inquiet de ma forme, je savais pas trop où j'en étais, j'étais attendu par beaucoup de monde, en étant "l'homme à battre", et j'arrive à bien gérer la course et arriver en vainqueur, quel bonheur ! Avant de passer la ligne d'arrivée, ma petite femme est là, bisous salé, et je marche en savourant mon arrivée, je passe la ligne tout simplement heureux.
Mon beau-père aurait été fier de moi, quel dommage qu'il ne soit plus là ...

 


En deuxième position arrive Fabien Chartoire auteur d'une super gestion de course avec une super remontée !
Troisième Erik Clavery qui loupe la deuxième place à pas grand chose mais Fabien a fait un retour tonitruant !
Quatrième, Tony Moulai qui craqua un peu sur la fin et qui paya je pense son départ rapide et son accélération du 25ème kilomètre.
Cinquième Thomas Saint Girons, auteur d'une super course aussi !


Ce qui me satisfait pleinement sont les écarts à l'arrivée : j'ai quasiment 6 minutes d'avance sur le deuxième, c'est une marge assez confortable et c'est de bon augure pour la suite de la saison !
Je suis donc un homme chanceux, mon tendon ne m'a pas lâché, ma femme est à mes côtés et je remporte une super course devant des clients, je suis vraiment dans une période où on va dire que tout me réussit, faut en profiter à bloc !


Petite interview sympa pour "le pape" et "l'indépendant" je crois, puis devinez quoi ? contrôle anti-dopage ! encore ! lol ça va faire 3 contrôles en 6 mois, enfin si je suis contrôlé ça veut aussi dire que je gagne, donc je pense que j'ai pas à me plaindre non plus ... j'engloutis 3 litres d'eau assez rapidement, puis une petite heure après pipi dans le popo ( le médecin était super sympa d'ailleurs ) .
Grâce à ce contrôle j'ai pu faire plus ample connaissance avec Erik Clavery qui était aussi contrôlé, il est vraiment super sympa et chapeau à lui pour la carrière qu'il effectue.

 


Une fois tout ça fait, retour à l'appartement pour une bonne douche bien chaude, cassage de ventre avec des kinder délices, pépitos et autre conneries de gâteaux que j'adore !
Nous retournons à l'arrivée pour 15h30 où à lieu la remise des prix, je suis vraiment heureux d'être là, super remise de prix avec de super athlètes féminins et masculins, merci encore à l'organisation et spécialement à Sylvie Ferrasse à qui j'ai eu à faire.


Après des dernières discussions avec les uns et les autres, c'est l'heure de la récupération ! direction un bar au bord du port où avec ma chérie ( et aussi de Philippe Lucas qui était juste derrière nous ) on s'envoie pour commencer 2 demis chacun devant un soleil qui enfin pointe le bout de son nez !


17h45 : il est temps de passer à l'apéro à la maison, j'avais prévu le coup avec une petite bouteille de moelleux de saint croix du mont.

 


19h30 : la bouteille est finie, il est temps d'aller manger à une super crêperie "aux vents d'anges", petit ricard, grosse crêpe montagnarde accompagné d'un bon cidre, puis crêpe nutella pour finir, et là, on est bien tintin !


Au petit matin petit craquage de ma part : j'avale 6 chocolatines, 2 pains aux raisins et 2 éclairs au chocolat ... mais j'ai quand même bu un bol de thé sans sucre ! ;) mdr

Quelques enseignements à tirer :
- le vélo elliptique à l'air vraiment d'être un bon complément, je pense que c'est à inclure régulièrement dans l'entraînement.
- j'ai toujours ce problème de début de crampes, et je me dis que consommer des boissons énergisantes ainsi que manger des produits créés pour les sport d'endurance pourrait repousser l'arrivée de ce problème ... faut que j'étudie la chose ... ( mais ça va être dur d'arrêter les brownies, banane et eau coca )
- faire partie d'un team et avoir des partenaires sur qui compter permet réellement de pouvoir progresser et de se concentrer sur la course, merci à Mizuno ( en particulier Benoit Holzerny ) et Endurance Shop Bordeaux ( avec Yann Couanon et Julien Grelot ) d'être là.
- encore un grand merci à ma femme d'avoir été à mes côtés et de conduire toute la route du retour pendant que je tape ce compte rendu ! :)
- pour finir merci à tous pour vos encouragements, franchement ça fait chaud au coeur d'être suivi par tant de monde, merci merci merci ! ! ! ! ! !


Place maintenant à une petite semaine de récupération, et si le tendon se porte bien mon prochain objectif sera le 8 mars au Senpereko trail que je rêverais de gagner devant l'armada espagnole, puis surtout le 21 mars à l'Ecotrail de Paris où franchement, une arrivée en tête au premier étage de la tour Eiffel serait extraordinaire !

Go, go, go, go, go, go, ! ! ! ! ! ! !

 

Benoit
 

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000 / LA GRANDE COURSE DES TEMPLIERS, 73km, 3400d+

Publié le par bigben

LA GRANDE COURSE DES TEMPLIERS, 73km, 3400d+, 2900 coureurs

Ce compte rendu je le fais le sourire aux lèvres ! Ma femme conduit, nous sommes "seulement" à Albi, encore 4h de route, donc en théorie, il y a moyen que je ponde quelque chose de bien ! (à la grande différence de mes 11 poules, qui elles, ne pondent plus ... ;) )

Allez c'est parti, commençons par la préparation : celle-ci c'est déroulée parfaitement, franchement je ne pouvais pas faire mieux.
J'ai commencé par travailler la vitesse en montagne avec des sorties rapides et la Skyrhune en objectif fin septembre (cette course m'a d'ailleurs bien défoncé) puis en octobre j'ai réussi à me faire de très grosses sorties (que ce soit vélo ou trail) sans gros pépin physique et en fractionné, mes temps n'ont jamais été aussi bons (merci à Guillaume Rousset pour la dernière séance de 400m !).
A la fin de la préparation, les 15km de la Nive une semaine avant les Templiers m'ont permis de confirmer que la forme était au rendez-vous ( j'ai tourné les 15km à 18.5km/h et l'après-midi je suis parti me faire 70 bornes en vélo avec cols à plus de 30km/h de moyenne).
Il était également temps que la course des Templiers arrive car je commençais sérieusement à saturer niveau course à pied et aussi à accumuler pas mal de fatigue.

Je me suis restreint au niveau chocolat et alcool et la dernière semaine j'ai vachement fait attention à ma nourriture ce qui m'a permis d'atteindre un poids de forme de 78kg (ça change des 87kg de mi juillet !) donc niveau poids, parfait, mais que c'est dur !!!

Vendredi soir : départ 21h30, direction Toulouse et dodo dans le super Opel combo de ma chérie !
Samedi matin : reprise de la route, arrivée sur Millau vers 12h30 et direction le resto pour manger de bonnes pâtes au roquefort pour moi ( et des pâtes de brun fadasses pour ma chérie ... lol )
Après, direction le village pour récupérer le dossard et passer voir le stand Endurance Shop ( mon partenaire sans qui je n'aurais pas eu de dossard ) et le stand Tom Tom.
Sans oublier le stand de la course d'Espelette et le stand Euskal raid ( qui organise l'Euskal trail).
Après avoir bavardé course à pied pendant un petit moment, retour au centre de Millau ou nous nous installons sur une terrasse pour attendre les 2 autres membres de mon équipe de choc : Maxou et Charly ( qui se tapent quand même 4h30 de route rien que pour moi ), si j'en ai pas de la chance !
Une fois tout le monde rassemblé, direction le resto pour la dernière pasta party !
Petite Leffe que je savoure. ( j'ai lu qu'une bière par jour était bénéfique pour la santé; ça se trouve c'est des conneries mais du coup ça me déculpabilise ! )
Je me casse bien le ventre ( enfin ! car pendant une semaine je me suis bien restreint ) et en retournant à la voiture pour aller dormir je me retape quand même 3 pains aux raisins bien dégueulasses (ils étaient un peu périmés ... ). En effet je me dis que pour le dernier soir, je peux bien me casser le ventre et manger n'importe quoi, c'est plus ça qui va changer la donne !
Mes frangins installent la tente, gonflent leur matelas avec beaucoup de mal et je pense que s'il s'agissait d'une poupée  ça aurait été beaucoup plus vite !
Leur nuit n'a pas du être des meilleures car forcément, qui dit matelas gonflable dit matelas qui se dégonfle ... n'est ce pas Charly ? ;)
La nuit fut bonne( petit épisode de la série Viking avant de se coucher) et le lendemain réveil à 4h00.
Dimanche 4h00 réveil ! Il fait pas chaud, environ 6°, et je prépare mon thé avec une moitié de gâteau sport Overstim, tout passe bien, c'est nickel ! Nous sommes garés à 400m du départ, c'est parfait ! On finit le petit déjeuner, je pars faire le pipi et aussi le caca de la peur ( ce qui fait encore 300 grammes de moins à porter, cool ! ) et c'est parti pour l'équipement . Je fais assez simple: cuissard, débardeur qui colle au torse et tshirt par dessus ( je mets toujours 2 couches car je suis très sensible au froid et j'ai pas envie de m'arrêter toutes les 15 minutes me vider ) et je rajoute une paire de gants et pour la première fois j'utilise des manchons que j'enlèverai lorsqu'il fera meilleur.
En chaussures, j'utilise les Adidas Raven ( j'en suis super content, niveau confort et tenue de route elles sont nickels ), et une paire de chaussette de running route  décathlon. Pour finir j'utilise une ceinture porte bidon Overstim qu'on ma donnée il y a quelques années, avec des bidons de 75cl ( le minimum obligatoire ). Je ne prends pas de bouffe car je compte manger une banane entière à chaque ravitaillement et ça devrait suffire. Dans les bidons je tourne au mélange moitié eau, moitié coca. Rien de plus !

Tactique de course : je me suis souvent fait la course dans ma tête, quelle tactique prendre, quelle place viser ...? Au début j'étais quand même confiant, je me disais qu'un top 5 serait jouable, mais lorsque j'ai vu le plateau des coureurs, surtout étrangers, j'ai vite revu mes objectifs à la baisse et un top 10 était plus envisageable. Du coup, ma tactique était de se situer au départ autour de la dixième place puis après, on avisera ! Et surtout ne pas dépasser les 160 pulsations par minutes .

05h00 : départ dans 15 minutes, je pars trottiner légèrement, mais je me dis que j'ai 7h00 de course qui m'attendent donc pas la peine de se fatiguer avec l'échauffement !
05h10 : dernier bisou à ma chérie et dernière accolade aux frangins avant le départ.
05h15 : après une présentation des athlètes qui s'affrontent pour un challenge France contre USA contre selection Européenne, le départ est donné sur la musique Améno (Era), ça donne vraiment des frissons! C'était  magique !
 

Km 1 : ça part assez tranquille, environ 16km/h, je ne ressens pas le froid, nous sommes un très gros peloton, ça discute à droite à gauche, on est tous frais !

Km 3 : on attaque les choses sérieuses. Première côte, je dois me situer dans les 20, je double, on me double, devant c'est parti plus vite, je laisse filer, mon cardio m'indique 150 à 155 bpm, et je reste à ce niveau. Au fur et à mesure de la montée, de petits groupes se forment et j'ai l'impression d'intégrer un groupe de "poursuivants" j'aperçois un autre groupe de 5 coureurs avec une trentaine de secondes d'avance sur nous.

Km 6 : fin de la première difficulté du jour, et on est parti pour presque 10km de chemins roulants, c'est parfait car c'est un genre de terrain qui me convient grâce à ma vitesse travaillée à l'entrainement.
Je fauche donc compagnie à mon groupe et fais l'effort pour revenir sur le groupe de "tête" on va dire, car à ce moment là, j'ai aucune idée de quelle position je suis.
Je crois qu'en fait il y avait 3 ou 4 échappés devant, ce qui fait que nous sommes en position 5/6/7/8. Très bien, c'est ce que je voulais !

Km 17 : c'est parti pour 4km de descente, ça descend vite mais c'est raisonnable par contre derrière ils ont descendu comme des boulets de canon, et 2/3 personnes me passent devant car ils vont vraiment vite et je préfère les laisser passer, faut garder du jus pour la suite et pas tout donner dès la première descente me dis-je.

Km 21 : Ravitaillement de Peyreleau et mise en oeuvre de mon équipe de choc : ils sont parfaits !!!!
Nath récupère mon bidon vide et m'en donne un plein. Elle récupère aussi ma frontale car le jour se lève.
Max me donne une bouteille pour boire de suite que je lui redonne une fois bue.
Charly me donne ma banane et promène mes bâtons . ( je lui avais demandé de prendre mes bâtons au cas où j'en chie énorme et en fait je ne les ai jamais utilisés)
Franchement je pense qu'on peut pas faire mieux, je ne m'arrête quasiment pas, tout va très vite, cette équipe est très professionnelle !

Km 22 : je repars en 6ème position, derrière Pascal Guiget et c'est parti pour une deuxième ascension. Je suis toujours en mode "je gère la fougère" , tout se passe vraiment bien un top 5 est envisageable me dis-je à ce moment.
 


Km 23 : un boulet de canon nous double : il s'agit de Sage CANADAY qui nous dépasse à une vitesse hallucinante, impossible de l'accrocher. On le laisse donc partir, en même temps c'était un favori donc on ne joue pas dans la même cour !

Km 24 : fin de la côte et c'est reparti pour une partie "roulante" que je fais en compagnie de Pascal, le rythme est bon et je suis toujours en mode économie car nous ne sommes toujours qu'en début de course.
Sur cette partie Sylvain Court ( champion de france de trail longue distance 2014 ) nous rattrape et nous double assez facilement pour disparaitre de notre champ de vision assez rapidement, lui aussi va trop vite pour moi à ce moment et je laisse filer.

Km 31 : ravitaillement de St André les Vézines, mon équipe est surmotivée et bat un nouveau record du monde de ravitaillement, c'est extraordinaire !!!!! :)
Je repars en compagnie de Pascal et à ce moment on aperçoit le 4ème.

Km 32 : Apercevant le 4ème, je mets la machine en route ! Je me dis que je suis bientôt à mi course et que maintenant, vu que je me sens vraiment bien je peux commencer à faire des efforts. Je rattrape donc le 4ème assez vite tout en lâchant Pascal, et je décide de prendre les choses en main !
 


Km 34 : à mon grand étonnenement je rattrape aussi Sage CANADAY dans la descente, je le double et je me dis qu'en montée et sur du plat il envoie du steak mais comme on peut pas tout avoir, forcément en descente il doit avoir plus de mal ... et tout ça me regonfle le moral car je dois être 3ème, c'est énorme, un podium se profile sans doute !!! :)

Km 36 : ça remonte et forcément Sage CANADAY me repasse devant mais je reste collé à ses baskets, tellement collé qu'il se plante de chemin et tel le mouton de base je le suis...! Tout ça doit nous faire perdre une minute, prout caca boudin !!!! Enfin on a quand même limité la casse mais ça a permis au 5ème de nous rattraper.

Km 39 : longue descente où je prends la tête mais je ne prends aucun risque, le rythme est bon mais sans plus, j'ai tellement de souvenir de crampes qui arrivent en descente que lors de toutes les descentes j'en garde sous le pied pour éviter ces crampes qui peuvent arriver en fin de parcours et te foutre en l'air ta course .
 


Km 43 : et pour changer, on remonte ! A la différence que là je décide de faire l'effort dans la montée, Sage CANADAY me talonnne et je veux pas le revoir me passer devant !
Et ça fonctionne, je me sens toujours super bien, dès qu'on peut courir je cours, j'arrive à bien relancer, je suis pas trop dans les tours, et Sage CANADAY lâche du terrain, que ça fait plaisir quand tout fonctionne !!! Je suis 3ème, génial !!!!

Km 45 : ravitaillement de Pierrefiche : mon équipe assure toujours autant avec le sourire. Qu'est ce que ça fait plaisir de partager ça avec la famille !
Et autre super bonne surprise, j'ai le deuxième qui repart du ravito lorsque j'arrive.

Km 46: Alors là, ni une ni deux une chasse poursuite est lancée !

Km 48 : et je refais rapidement mon retard sur le deuxième qui n'est autre que Sylvain Court et je le double. Celui-ci reste sur mes talons et je lui dis qu'il faut qu'on rattrape l'américain qui est devant nous, on est en France et ce serait bien qu'un français gagne !

Km 51 : fin de la petite montée, je dois avoir une petite minute d'avance sur Sylvain et en théorie le premier est à moins de 2 minutes. Quel suspense! Et  le podium se profile à l'horizon car je me sens toujours assez frais et bien .
 


Km 52 : tout ne peux pas être parfait et Sylvain me rattrape dans la descente, il va super vite le bougre !!! Après plus de 50km de course il m'a impressionné de descendre à cette vitesse, ça va être chaud chaud chaud la fin de course !!! Surtout qu'on nous annonce le premier à 30 secondes: on va le croquer oui !!!!

Km 53 : on rattrape le premier, la jonction s'est faite facilement, et on va finir la descente à 3. Dans ma tête je me dis que j'ai vraiment un coup à jouer car en côte j'ai l'air d'aller plus vite que Sylvain, et vu qu'on a rattrapé Zach MILLER je me dis qu'il doit être cuit et que ça va être une formalité.

Km 55 : fin de la descente et là franchement j'ai perdu un oeil, Zach MILLER nous a mis une accelération de fou, il a démarré et j'ai même pas pu le tenir 30 secondes, j'ai du le laisser partir à contre coeur mais cette accélération nous a fait exploser, Sylvain a laché du terrain sur moi et nous nous retrouvons donc tous isolés.
Après cette accéleration je me suis dis que cet américain était vraiment un Monsieur et qu'il s'amusait avec nous: il nous laisse revenir et repart comme si de rien n'était, dans ma tête je me disais "respect Monsieur" !
En terme d'écart je devais avoir une minute de retard sur le premier et une minute d'avance sur Sylvain je pense.

Km 62.5 : ravitaillement en eau à Massebiau, je prend les 15 secondes qui vont bien pour remplir ma gourde, une longue côte nous attend et je veux continuer à bien m'hydrater.
Et là il y avait un public monstrueux avec une ambiance de fou digne du Tour de France, ça donnait des frissons ! Des encouragements à la pelle, des "allez Benoit" à fond les bananes, franchement c'était super ! Mais pour revenir aux choses sérieuses j'attaque la côte avec une minute trente de retard sur l'américain. Je me dis c'est pas grave, on continue sur un bon rythme pour assurer une deuxième place qui me satisfait déjà pleinement !
Je garde une oreille derrière pour écouter lorsque le public allait encourager Sylvain qui doit être troisième, car j'ai toujours peur d'un retour ! Mais je n'ai jamais entendu le public ce qui signifie que je devais avoir un écart supérieur à 2 minutes sans doute.
La montée se passe bien, mon rythme est toujours bon, pas de crampes en vue, c'est génial !
 
Km 66 : ravitaillement de la Cade : seul Charly est là pour me ravitailler ( toujours avec les bâtons d'ailleurs ! ) car Nath et Maxou sont vite redescendus pour ne pas louper mon arrivée. Ravitaillement express, avec toujours une banane que je mange même si je n'ai pas faim, mais mieux vaut prévenir que guérir, je sais qu'il reste 45 minutes de course et on ne sait jamais, un coup de bambou peut arriver n'importe quand.
On m'annonce le premier à 45 secondes, punaise, il est vraiment pas loin mais est-il en mode économie ou en mode je suis fatigué ? Car après le coup qu'il nous a fait en accélérant comme un dingue toute à l'heure, je m'en méfie.
Il reste une descente et une montée plus la descente finale et je décide de continuer sur mon rythme, je ferai l'effort dans la dernière montée me dis-je.
 
 
Km 67 : J'ai un visuel sur Zach Miller, je dois être à moins de 30'' de lui, la vache, je vais revenir sur lui, je le sais, mais vais-je réussir à le dépasser ? ça reste une grosse inconnue mais quel suspense pour la course !
 
Km 68 : nous sommes quasiment à la fin de la descente et je fais la jonction, ça y est, c'est fait ! Et bonne nouvelle pour moi, il n'avance pas très vite et je le double très facilement en prenant vite de l'avance. C'est gigantesque, je suis en tête !!! De plus je sais que mon rythme est toujours bon et que derrière c'est pas prêt de revenir si je continue comme ça !
J'attaque la dernière montée comme une balle, mentalement je suis à bloc et physiquement tout va très bien, pourvu que ça dure !
 
Km 69 : qu'est ce que ça monte ! J'imaginais vraiment pas une montée aussi difficile pour finir, heureusement que j'ai pas fait de reconnaissance car cette montée est vraiment mortelle avec des passages où nous sommes obligés de mettre les mains pour grimper.
Mais je baisse pas de rythme, hors de question que derrière ça revienne et qu'on m'ait en ligne de mire donc je fais l'effort pour avoir le meilleur rythme possible en montée jusqu'au sommet.
 
Km 70 : enfin, sommet atteint ! Je pense avoir une bonne avance, plus que 3km de descente et à moins d'une catastrophe, je sais au fond de moi-même que ça va être une course gagnée ! Faut juste assurer en descente,ne pas se blesser,ne pas tomber, ne pas se perdre, et garder encore un maximum de lucidité !
 
Km 70.5 : des débuts de crampes aux mollets arrivent, c'est très léger mais faut continuer à courir un maximum à l'économie, comme en début de course avec de petits pas.
La descente se passe bien, c'est raide et caillouteux mais agréable, surtout lorsque l'on est en tête des Templiers !
 
Km 72 : J'attaque le dernier kilomètre, j'ai les larmes qui arrivent aux yeux tellement l'émotion est grande, je vois l'arrivée, qu'est ce que c'est bon !!! L'avance acquise me permet de ralentir et de profiter pleinement de mon arrivée pour que ces images restent gravées à jamais dans ma petite cervelle de poulet !
 
Km 73 : me voilà à 300m de l'arrivée, j'ai les larmes aux yeux, pourquoi cela m'arrive-t-il ? Quelle chance j'ai ! Je comprends pas: comment je peux me retrouver devant toute cette élite ? Quelle chance de pouvoir arriver tranquillement et de savourer ces instants !
 
 
Km 73.1 : j'ai l'impression d'être au tour de France, tout le monde applaudit, les enfants ont le sourire et me tendent leurs mains, je prends du plaisir à leur taper dedans, quel bonheur, c'est vraiment le pied ! Se faire acclamer de cette façon donne vraiment des sensations de fou, j'en ai vraiment de la chance !
 
 
Km 73.2 : dernier 100m, mon dernier objectif pour que ce soit parfait est de pouvoir embrasser ma femme et serrer dans mes bras mes frères, et comme tout est parfait, je les aperçois avant de passer la ligne, quel bonheur !!! je prends donc les quelques secondes qui vont bien pour faire un bisous salé à ma dulcinée et faire une grande accolade à mes frères, d'ailleurs même charly a réussi à redescendre avec une voiture du dernier ravitaillement ( merci à l'assistance de Sylvain Court car ce sont eux qui ont pris notre Charly national ! ) pour arriver à temps me voir franchir la ligne .
 
73.3 : ça y est ! Je passe la ligne en vainqueur, je l'ai fait ! Je ne l'avais jamais envisagé, même pas en rêve; mais j'y suis. Les sensations avec la Saintélyon 2013 sont similaires, j'ai du mal à réaliser, je comprends pas, j'aimerais avoir mon assistance dans mes bras, le speaker me dit de me mettre à droite, à gauche, en haut, en bas, ... Mais une certaine réalité me rattrape vite.
Premièrement, je pense énormément à mon assistance sans qui la victoire aurait été impossible, puis deuxièmement, j'en ai chié, j'ai eu mal, je me suis battu contre moi-même à courir, marcher, relancer ... et j'ai la chance de gagner. Mais d'autres personnes vont mener un combat différent ... je pense fort fort fort à elles !!!
 
 
Trois minutes après, Sylvain Court arrive, on se congratule, 2 français aux 2 premières places c'est super !!!
 
 
Sylvain a vraiment un super état d'esprit, je pense que c'est un super mec même si je ne le connais pas encore beaucoup ! Pendant que Sylvain parle au micro j'en profite pour aller voir ma femme et mes frères, pleins de personnes me félicitent, c'est super, les fondateurs de trail runners foundation sont aussi là avec un sourire énorme ( voici leur site http://trailrunnerfoundation.com/, le concept est génial et noble ! )
Merci aussi aux coureurs du club de la sara korrika qui m'ont bien encouragé !
Après je retourne féliciter Alex Nichols qui termine 3ème après une super gestion de course et une belle remontée
Sage Canaday annoncé comme le favori arrive en 4ème position à plus de 8 minutes de moi. Je finirai avec Zach Miller qui terminera 5ème en finissant la course au mental mais dans un sale état. Il aura payé cher sa façon de courir qui aujourd'hui n'a pas fonctionné ...
Le 3ème français est Manu Gault qui finira 7ème.
 
 
Le speaker nous fera faire un tour d'honneur, ce qui me gène un peu car certes on finit dans les 3 premiers mais ça fait pas un peu "je me la pète" de faire un tour d'honneur ?
Toujours est-il qu'on l'a fait, puis après, c'est remise des prix !
Franchement j'avais envie de sauter de joie dans tous les sens, de danser tellement j'étais content mais faut savoir se tenir !
Une super surprise m'attend : j'ai gagné un truc pas mal, mais vraiment pas mal du tout : en plus de l'énorme trophé et d'une invitation pour l'année prochaine au festival des templiers, j'ai accumulé 2 primes : 2000 euros pour le vainqueur et 1000 euros du 1er français ! Je savais même pas qu'il y avait de l'argent à gagner, c'est encore une cerise sur le gâteau ! Je sais que l'argent dans le trail est tabou mais sur ce blog je me dois de tout dire !
 
 
 
A l'issue de la remise des prix, contrôle anti-dopage ! J'y avais déjà eu le droit lors de la skyrhune donc j'ai vite vite vite bu 4 litres d'eau pour faire vite vite vite pipi !
En attendant que ça vienne on discute avec Sylvain et Miguel Heras qui se font également contrôler. Ma chérie a pu me rejoindre, que ça fait du bien de la voir !
Sur le coup, ces contrôles sont un peu chiants car on a envie de profiter de sa victoire avec les gens qu'on aime, de boire des bières et s'en mettre une petite, mais c'est quand même une bonne chose car ça permet au trail de rester clean, enfin je l'espère ! et ça permet aussi d'enlever toute suspicion.
 
 
Après le contrôle, direction la tente ou un super buffet était à disposition pour les coureurs ( avec du pain, pâté, fromage, roquefort, jambon ,saucisson, ... ) , je mange beaucoup de pain roquefort, je discute avec Pierre BUSTINGORRY qui finit à une jolie 54ème place puis je pars rejoindre mon équipe de choc qui m'attend depuis un moment .
Nous discutons vite fait mais je suis gêné qu'ils m'attendent depuis tous ce temps donc je leur propose de les inviter à manger (avec 3000 euros en poche c'est plus facile ! ;) )
Arrivé à la voiture on se boit une bière quand même, puis vu qu'il est 15h00, il n'y a pas 150 000 restos ouvert le dimanche donc direction le mac do pour se casser le ventre.
 
 
16h00 : on a bien mangé, je suis plein comme un boudin, je remercie encore mes frangins d'être venus, et on se quitte car on a beaucoup de route qui nous attend.
 
16h30 : 1ère pause pipi, toute l'eau bue durant le contrôle anti-dopage s'évacue ...
 
17h00 : 2ème pause pipi ...
 
17h30: 3ème pause pipi ...
 
20h30 : 4ème pause pipi, il y a du mieux, j'ai tenu 3h00 !!!
 
21h10 : passage au bar Didier d'Ustaritz récupérer 2 bonnes pizzas que Julien nous a préparées et qu'il nous offrira tellement il était content que je gagne les templiers, qu'est ce que c'est gentil !
 
21h20 : retour à la maison, j'ai les félicitations de mes beaux parents,de Laurence, et de mon fiston ! Maintenant place à la bouffe et  la récupération ( et vivement ce week end qu'on s'en mette une bonne aussi ! )
 
En ressassant la course dans ma petite tête, je pense avoir choisi la bonne tactique, c'est à dire de patienter, ne pas répondre aux attaques des adversaires, courir dès le début à l'économie, ne pas dépasser les 160 bpm, et pour finir bien boire et toujours manger une banane à chaque ravitaillement, même si la faim ne se fait pas sentir.
Autre super point positif : aucune ampoule, aucun échauffement, aucune douleur articulaire ou osseuse, c'est vraiment super et c'est de bon augure pour la reprise de l'entrainement.
 
J'aimerais remercier spécialement tous les basques qui m'ont soutenu, encouragé, mon assistance de choc pour les ravitaillements de niveau interstellaire, l'organisation et les bénévoles des templiers sans qui rien ne serait possible, mes beaux parents et lolo qui ont gardé les enfants, et pour finir Yann COUANON et Julien GRELOT d'Endurance Shop Bordeaux qui me soutiennent et qui m'ont permis d'avoir ce dossard en SAS élite.
 
Pour finir quelques données : fréquence cardiaque moyenne durant la course, 143 bpm, fréquence max, 159, et mon ravitaillement s'est limité à de l'eau mélangée à du coca et 4 bananes !
 
Je pense que presque tout est dit même si j'ai du oublier beaucoup de choses !
Ciao ciao et comme diraient les skieurs de shangaï :
PPPPIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIPPPPPEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEE  !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! 
Attention à pas boire trop de bière, voilà à quoi on pourrait ressembler ... ;)
 
 

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02 / BIXINTXO URRUGNE 2014

Publié le par bigben

Urrugne, urrugne, ... cette course est assez spéciale : pour la décrire vite fait, elle fait un 8 ce qui fait que l'on passe en comptant le départ et l'arrivée 8 fois au même endroit et c'est génial ! Chaque fois que je suis venu il faisait super beau et du coup il y avait beaucoup de spectateurs !

La fête forraine est également présente et le départ de la course ayant lieu à 18h, les enfants peuvent s'amuser aux manèges en attendant que papa court !

Donc le contexte est vraiment sympa et de plus la course est souvent très relevée, l'année dernière je fini second derrière l'intouchable lionel pétriacq.

Dernière précision, le parcours n'est pas roulant du tout ! c'est une succession de montée et de descente : tant mieux car j'aime ça !

Donc à la base je ne devais pas être la, j'aurai du aller faire un tour en montagne mais en y réflechissant je me dis qu'une petite séance ou le coeur est quasiment à bloc du début à la fin ça peut pas faire si mal ! Car le soucis de faire de la montagne et du long, c'est que l'on ne se rentre jamais dedans à 100% et je pense que c'est bénéfique de temps en temps de se mettre dans le rouge de cette manière. En même temps ça fait une petite sortie en famille, les enfants sont contents car il y a les manèges donc go, go, go, direction urrugne !

Il fait très beau, très chaud aussi (30°) donc attention à ne pas partir trop vite et faire un coup de chaleure !

L'échauffement se passe très bien, je discute à droite à gauche, nickel !

Après quelques accélérations en côte, direction la ligne de départ et la je suis assez surpris de ne pas voir de grosses têtes d'affiche, pas de lionel, pas d'armada d'espagnols, j'ai l'impression que ça va être moi le favori ... et j'aime pas trop ça. Julien laurenceau est à mes côté et dès le départ on se met en tête à deux.

Pas d'espagnols à nos côtés, ni de français, pas de surprise quoi !

Du coup, dès la première montée je sais que ça va se jouer entre juju et moi.

En montée je suis bien, je gère car vu la chaleure, va pas falloir exploser, et en descente juju est légèrement plus rapide que moi, nous finissons donc le premier 1500m ensemble et passons en première fois devant le public.

Une fois passé, c'est reparti pour une nouvelle montée et la, juju décroche légèrement, il ne doit pas être au mieux de sa forme non plus. ( faut faire attention car un juju en forme ça envoit du pâté !!! ) .

Je finis la côte seul et en haut un groupe de jeune qui devait faire apéro m'encourage fortement et un jeune baisse son froc à mon niveau et me montre ses fesses ! De la, ni une ni deux je lui met une claque sur son cul et tout le monde s'est mis à se marrer !

C'était le moment divertissant de la course !

De la re-descente et on repasse pour finir le premier tour. ( il y a 3 tours au total)

Je suis donc en tête avec environ 15'' d'avance sur juju. Le trou est déjà fait avec le troisième.

Je sais maintenant qu'il faut que je gère et qu'en théorie, à moins d'exploser la victoire est à ma portée. Malgré ça je suis quand même légèrement dans le rouge, je continue mon effort.

Du coup c'est parti pour un cavalier seul, les écarts avec juju se creusent et à la fin du deuxième tour, j'apprend que juju a abandonné ... quel dommage ... il est parti trop vite à mes côté et vu la chaleure, ça pardonne pas !

Du coup l'écart avec le second qui n'est autre que éric vignolle passe à plus d'une minute.

Le troisième tour je le savoure tout en continuant mon effort car j'ai envie de faire un bon chrono aussi et j'arrive donc sur la ligne d'arrivée heureux de remporter cette course !

Chapeau donc à éric vignolle qui en étant V2 arrive second, j'aimerai à son âge avoir la même patate !

Quittic frank complète le podium.

Après retour avec avec la famille, bières, manèges, remise des prix, bières, manèges, bières, manèges, ... et retour à la maison !

La bixintxo est vraiment une course superbe, et le fait que la famille soit là est la cerise sur le gâteau.

Merci aussi aux bénévoles et à l'organisation, tout a été nickel !

Pareil à l'année prochaine !

classement ici : http://www.pb-organisation.com/Urrugne%202014.pdf

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01/ COURSE ADERREKO LASTERKETA 17/08/2014

Publié le par bigben

le sommet de l'adarré est celui du milieu de l'image

                    le sommet de l'adarré est celui du milieu de l'image

 

Ce dimanche 17 août, l'heure de la reprise a sonné !

6 mois depuis que je n'ai pas fait de course, 1 mois que j'ai repris l'entrainement et c'est donc reparti !

La semaine d'entrainement fut bonne même si une certaine fatigue s'est accumulée et que le genou me titille encore un peu. Je sais que je ne suis pas encore au niveau auquel j'étais l'année dernière et cette course arrive à point : 13km avec 400m de d+, c'est exactement ce qu'il faut pour une reprise, pas plus, pas moins !

La seule chose qui m'embête est mon poids, 84 kilo ... c'est loin des 80 de l'année dernière ! enfin on y travaillera a partir de septembre car le mois d'août et ses apéros n'est pas propice au régime .

J'avais déjà gagné cette course il y a 2 ans donc le parcours je le connais, surtout que c'est un de mes terrains d'entrainement, j'habite à peine à 15 minutes de là.

Je pars là-bas dans l'espoir de faire au moins un podium, mais une fois arrivé sur place, je me rends compte qu'en fait, quelques clients sont au rendez vous !

Je vois de suite cédric simovis qui je pense est beaucoup plus fort sur du plat que sur ces pentes mais il devient polyvalent : 1er client !

Mongaburu sébastien : 2ème client !

Ancien cycliste pro reconverti à la course à pied, Bordenave philippe : 3ème client !

Et pour finir un espagnol qui fait 2ème à la course de la rhune : 4ème client et pour moi le favori du coup !

A l'échauffement on recroise pleins de têtes connues, on papote, on refait le monde, on parle course à pied forcément et tout se passe très bien sous un soleil radieux !

Autre nouveauté pour moi, les couleurs d'endurance shop bordeaux : ils ont toujours pris de mes nouvelles malgré ma blessure et ont assuré être derrière moi, ça m'a fait vraiment plaisir car je ne leur ai rien rapporté, je me suis blessé très vite après notre accord ! Du coup c'est la première fois que je porte leurs couleurs et ça me fait bizarre, car avant lorsque je voyais un mec "sponsorisé" je me disais, si celui-là je le bats je serai trop content, et du coup aujourd'hui, on va dire que ça risque d'être moi la cible, faut donc que j'assure un max !

Enfin en y réfléchissant, ce n'est pas non plus un mallot qui va changer la donne car ce que j'aime, c'est me faire mal donc quoi qu'il arrive je vais me mettre dans le rouge !

Encore une fois merci endurance shop pour votre confiance !

Allez revenons à nos moutons !

Le départ va être donné, 3, 2, 1, c'est parti !

Mon objectif est un podium,avec les clients qui sont là et vu que c'est une reprise ce serait déjà très bien.

Le départ est assez tranquille, l'espagnol et sébastien prennent les devants et je reste calé en 4ème position, nous sommes tous à la queue, pour l'instant tout se passe bien.

Je profite de ce moment, courir dans un peloton où l'on sait que l'on va bientôt en chier que c'est bon ! ;)

On enchaine 2 montées et 2 descentes, le rythme me convient,nous sommes encore un gros peloton d'une dizaine de coureurs je décide donc de prendre un relai histoire de jauger aussi mes adversaires, s'ils restent derrière moi c'est que j'ai la forme, s'ils me dépassent assez rapidement c'est qu'il va falloir que je m'accroche !

Assez étonnamment ça reste derrière moi, cela me donne confiance ! Surtout que je ne suis pas non plus un grimpeur extraordianire donc si j'arrive en haut sans être décroché, ça se jouera en descente et là j'aurai peut être ma chance.

Mais arrivé à la moitié de la montée, sebastien me double ! aie ! va falloir s'accrocher ! :)

Je me met donc dans ses baskets et je me dis, allez tu ne le lâches pas d'une semelle !

Je le suis comme je peux mais je n'ose passer devant, et à un moment où le layon devient assez pentu, il commence à marcher à mon grand étonnement ! je ne m'attendais pas à ça !

Du coup changement de tactique, j'accélère ! Faut profiter de ce coup de "moins bien" de mon adversaire, je fais donc mon effort pour essayer de creuser de suite un écart avec sebastien et philippe, et ça marche ! Ca sent bon pour moi ! s'ils ne me suivent pas maintenant, en théorie à moins d'une défection de ma part, la victoire pourrait être jouable ! Mais je me méfie toujours de l'espagnol car la partie la plus difficile n'est pas encore arrivée, et un retour des poursuivants est toujours envisageable.

Me voilà enfin face au mur, je dois avoir une quinzaine de secondes d'avance sur mes poursuivants j'essaie de courir le plus longtemps possible et arrivé au 3/4 du mur, plus possible de courir, c'est parti pour la marche. En même temps je me retourne et je vois seulement philippe qui doit être à une vingtaine de secondes derrière.

La victoire risque de se jouer entre lui et moi.

Je continue mon effort jusqu'au sommet puis après, petite descente technique que je passe assez rapidement. Mon objectif est maintenant de ne plus être dans la ligne de mire de philippe pour ne pas lui laisser un espoir de revenir sur moi ! En même temps, j'essaie de me lâcher en descente pour travailler ça, car à l'entrainement j'en garde souvent sous le pied pour ne pas se blesser bêtement.

Je me retourne a mi descente et je pense que l'écart a du augmenter pour passer à plus de 30 secondes. Il y a quelques petites remontées où j'essaie d'appuyer, je ne me ménage pas !

Je continue donc mon effort et je sais que la partie va être gagnée, je connais le final et avec tant d'avance, il ne me rattrapera plus, je suis trop content !

Tout s'enchaine très vite et je pense à l'arrivée où j'ai mon club de supportrices (ma mère, ma soeur, et ma femme) qui m'attendent ainsi qui mes enfants ! que ça va me faire plaisir de les voir !

Ca y est, j'arrive à la fin, j'entends allez benoit, allez benoit, mes supportices sont bien là et donnent de la voix, que ça fait plaisir ! Eneko, mon fils passe la ligne avec moi et je savoure vraiment cette victoire car je n'y croyais pas !

Après 6 mois d'arrêt, reprendre la compétition et gagner c'est vraiment fabuleux, j'en ai vraiment de la chance.

Philippe fait donc 2 et l'espagnol troisième.

France 3 pays basque était là et j'ai aussi eu le droit à deux/trois petites questions assez sympathiques.

Le classement complet se trouve ici : http://bases.athle.com/asp.net/liste.aspx?frmbase=resultats&frmmode=1&frmespace=0&frmcompetition=160064

Les écarts sont assez conséquents, c'est de bon augure pour la suite, surtout si je reperds du poids et que mon genou tient le coup.

Le parcours est super, le balisage au top, et cerise sur le gâteau, je gagne un jambon !

que demander de plus ? Merci encore à l'organisation !

A ce propos, petit carton jaune à aïnhoa qui a organisé une course quasiment identique le même jour sans prendre en compte qu'il y avait déjà celle de louhossoa et sans en parler à l'organisation ...  dommage.

A l'après course on repapote, je paie ma bière à mes supportrices, elles le méritent grandement, et retour à la maison avec un sentiment de devoir accompli !

Je suis remonté comme une pendule pour la suite des évènements !

A très bientôt !

 

 

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00 / LA BUGLOSIENNE 26/01/2014, trail de 21km

Publié le par bigben

Et voilà 2014 qui commence comme 2013 : par le trail de Buglose.

Ce trail qui en ai maintenant à sa 5ème édition connait un réel succès.

En effet les inscriptions étaient closes une dizaine de jours avant la course pour un nombre total de participants s'élevant à 600 personnes.

Il y a un 10km pour un total de 250 finishers et un 21km pour 220 finishers.

La semaine ayant été vraiment pourrie niveau météo, et la pluie s'étant aussi invitée le jour de la course, il y a eu pas mal de petits joueurs qui ne sont pas venus !

Voilà pour la présentation, maintenant passons à la course.

Je me suis inscrit sur le 21km, j'arrive donc vers 9h pour chercher mon dossard, de ce côté organisation au top, tout se fait très vite.Le départ est prévu pour 9h40. Je revois pas mal de têtes connues ainsi que Cédric Simovis qui était le vainqueur 2013 du 10km ( et qui gagnera pour la deuxième fois en 2014 ).

Mon genoux gauche n'étant pas au mieux de sa forme je décide ne ne quasiment pas m'échauffer, l'échauffement se fera dans les premiers kilomètres de la course !

Ce qui change par rapport à l'année dernière, c'est que l'on commence à me connaitre, du coup j'ai une casquette de favori et un certain statut à défendre !

Nous nous présentons sur la ligne de départ et c'est parti ! Pour commencer on doit avoir un bon kilomètre de bitume puis après ce sera fini, que du chemin ! Le départ fut assez cool, personne n'est parti comme un furieux, ma stratégie étant de commencer à accélérer au bout de 5/10 minutes. Au bout de ces 10 premières minutes, je décide donc de prendre la course en main en accélérant pour être en tête dans les premiers single.

En fait personne n'essaie de m'accrocher et je part donc seul. En me retournant j'aperçois Gody James ( triathlète d'un très bon niveau ) qui reste à une distance raisonnable mais tout le long de la course, l'écart ne fera qu'augmenter.

Donc c'est parti pour une course en solo, je suis assez confiant et profite de ce super parcours : celui-ci est composé de pas mal de monotraces, avec pas mal de passages dans l'eau aussi, un vrai cross de 21 km !

En plus de ça, on retrouve de petites côtes très courtes mais assez dures pour nous mettre dans les tours. Lorsque l'on met les pieds dans la boue, on ne sait jamais sur quoi on va tomber : des fois le sol est dur et c'est très bien et des fois on peut s'enfoncer jusqu'au genoux ! Il y en a certains qui sont revenus dans des états je vous raconte pas !

Il y a aussi pas mal de passage très glissant ou j'ai plusieurs fois frôlé la correctionnelle mais de ce côté j'ai eu de la chance, à chaque fois j'ai pu me récupérer.

Franchement, ce trail est vraiment un pur plaisir quand la pluie et la boue ne vous dérange pas plus que ça. J'ai fais quasiment tout le parcours tout seul mais c'est passé à une vitesse, je n'ai pas vu l'heure et demie passée. Car vue les conditions il faut être attentif à chaque instant, puis le parcours fait aussi que l'on ne court pas très vite car les monotraces ne sont pas souvent droites, du coup c'est que sur les appuis et pas mal de petites relances.

D'ailleurs chapeau à l'organisation car pas une seule fois je n'ai eu un doute du chemin à emprunter. Le balisage était super, ainsi que les ouvreurs en VTT, car on allait plus vite à pied qu'en VTT sur certains passages.

Enfin voilà, sans oublier les deux ravitaillements au km9 et km16, encore chapeau aux bénévoles !

La course fut pour moi un "contre la montre" : je savais que l'on ne me rattraperai pas du coup je me fixai comme objectif d'avoir l'écart le plus conséquent possible sur mon dauphin : cela me permet de ne pas m'endormir sur mes lauriers, et de me défoncer comme tout le monde sur ce trail !

C'est donc avec plaisir que je passe la ligne d'arrivée en première position avec 3'40 d'avance sur James et 4'40 sur le troisième, Gomes Frederic ( vainqueur du challenge landais des courses nature et trail )

Encore une fois, l'organisation super, car un jet d'eau est disponible pour nous "décrotter", puis douche et surtout de supers bonnes petites viennoiseries ( ou saucisson et fromage pour ceux qui préfèrent le salés ) sont disponibles à l'arrivée.

Après, direction le bar pour la récupération, puis remise des prix toujours aussi sympathique.

L'année dernière j'étais resté mangé mais cette année je n'ai pas pu car je travaillais l'après midi mais le repas avait l'air super !

Le seul bémol de cette matinée est qu'une participante a été mécontente de son prix reçu, et l'a redonné à l'organisation en faisant part de son mécontentement. C'est un truc de fou, au début je pensais que c'était une blague mais c'est véridique, cette personne est vraiment culottée, nous ne sommes pas au championnat du monde et franchement c'est tellement de boulot à organiser un trail que recevoir un prix quel qu'il soit est déjà très bien !

Pour ma part chapeau à l'organisation, continuez comme ça, c'est très bien !

Pour finir, le plus méritant de cette matinée est Monsieur BLANDIE Alexis qui finit le trail de 10km en catégorie V5 !!!

Maintenant place à la préparation pour le trail du vignoble nantais qui a lieu dans 4 semaines !

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6/ Course du bout de l'an. décembre 2013

Publié le par bigben

Me voici donc embarqué dans un 10km assez roulant, la course du bout de l'an que je n'avais jamais pu faire car à chaque fois que celle-ci avait lieu j'étais déjà dans le Pas de Calais en vacances chez la famille.

Cela fait 15 jours que la Saintélyon est passée, la bière a coulé à flot et je pense au vue de la semaine d'entrainement effectuée que j'ai quasiment recupéré à 100%, en effet j'ai réussi à courir 110km en 5 jours assez facilement donc tout roule !

De plus, presque tous les coureurs du coin sont présents notamment les potes qui courent vite. Le plateau est donc assez relevé avec comme invité de marque Pierre Urruty qui envoie grave du pâté ! la victoire lui est promise, on le sait tous donc il reste 2 places sur le podium à prendre qui vont se jouer entre une petite dizaine de postulants.

L'échauffement fut assez bref car je suis arrivé en retard et du coup je me suis echauffé seul comme un malheureux et lorsque je me suis présenté sur la ligne, j'ai enfin pu dire bonjour à tout le monde.

La course connait un réel succès avec plus de 2000 participants cette année, c'est énorme !

5' minutes avant nous, des goelettes partent, chapeau à ces courageux qui font ça pour une bonne cause, d'ailleurs petit clin d'oeil à Mattin (qui à l'arrivée sentait encore la gnole ! ;) ) car après une bonne soirée très arrosée, est tout de même venu accompagner une goelette.

Puis les fauves sont enfins lachés, pour jouer les premiers rôles il faut absolument partir devant sous peine de se retrouver dans des bouchons.

Ca part très vite et Pierre prend les commandes, personne n'essaie de l'accrocher, on connait son niveau ! (international sur 10km) . Par contre derrière on ne chôme pas, nous sommes un petit groupe de poursuivants composé de Julien Laurenceau, Anthony Zarra, Guillaume Rousset, Xabi Martinez et Cédric Simovis. Au km 2 nous passons en 6'03 , aie aie aie ça va très vite mais personne ne lache, ce qui est sur c'est que nous n'allons pas continuer comme ça, ça va finir par ralentir.

Et ça loupe pas ça commence à légèrement ralentir et je pointe enfin mon nez devant le groupe pour prendre un relai.C'est pas le moment de s'endormir non plus ! lol

Tout le monde suit, puis arrive enfin une petite bosse au petit Bayonne où j'appuie légèrement car je sais que mes qualités sont plus sur du vallonné que sur du plat donc dès que ça monte, je force légèrement !

Mon petit effort me permet de prendre quelques mètres d'avance sur mes poursuivants, j'ai l'impression que le groupe a même explosé, seuls Anthony Zarra et Guillaume Rousset me talonnent.

Encore une longue ligne droite puis passage sur le pont St Esprit où je rappuie légèrement sur l'accélérateur pour distancer un peu plus Anthony qui se trouve juste quelques mètres derrière moi. L'écart commence à s'accentuer, maintenant faut pas que j'explose et je pense que la deuxième place pourrait être pour moi, cool !

Encore une longue ligne droite pour arriver au pont Grenet, et au passage je vois que Guillaume et Anthony sont ensemble en chasse derrière moi, je dois avoir une vingtaine de secondes d'avance. Ces 10 bornes sont vraiment difficiles, faut pas se relacher une seconde car pour créer un écart d'une vingtaine de secondes j'ai du faire de gros efforts et tout pourrait s'écrouler en se relachant 5 petites minutes.

Je continue donc sur mon rythme en espérant ne pas me faire rattraper. Passage au petit bayonne puis surtout passage dans le bar à st andré, c'est énorme ça, il n'y a pas beaucoup de course qui peuvent se vanter de faire ça !

Pas mal de monde sur le bord de la route pour nous encourager, j'entend des "allez Benoit" mais je suis concentré à regarder où je mets mes pieds et aussi de prendre la bonne direction.

La suite de la course se fait sans souci, j'en garde légèrement sous le pied au cas où (ça m'avait bien servi pour les 15km de la Nive), puis j'arrive au stade en seconde position derrière Pierre avec cerise sur le gâteau, record battu sur 10km pour moi ! 32'22'' , je suis super content du chrono car après avoir fait beaucoup de long, j'ai encore de la vitesse ! c'est de bon augure pour 2014 !

Anthony me suis à 30 petites secondes il était vraiment pas loin derrière, et bon courage à lui pour la préparation des ironmans !

Quatrième, Guillaume Rousset avec un joli 33'06'' , c'est de bon augure pour la suite Guillaume !

Xabi Martinez fait une belle 5ème place après une belle gestion de course suivi de Cédric Simovis.

Notre juju national fait 8ème pas mal pour une reprise !

Après la course, discussion sympa avec plein de monde, on me félicite encore pour la Saintélyon, merci à vous !

Cette 2ème place et surtout le chrono me motivent encore plus à essayer de progresser, avec comme objectif sur du court, de passer sous les 32' au 10km. 

Enfin on verra, maintenant c'est vacances en famille dans le Nord avec des apéros en veux-tu, en voilà !

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5/ SAINTELYON 2013 : UN TRUC DE FOU !!!!

Publié le par bigben

SAINTELYON 2013 : peut-on vivre quelque chose de plus fort encore ?

1/ Préparation :
Depuis que j'ai su qu'un dossard m'avait été attribué grâce à mon frère et Olivier, la Saintélyon a été mon plus gros objectif, d'ailleurs jamais auparavant je n'avais participé à une course de cette envergure.
Me frotter à ce qui se fait de mieux en France m'enthousiasmait énormément et cela me permettrait de me situer au niveau national, car je ne sais pas trop ce que je vaux.
Donc le dernier mois de préparation fut principalement axé sur de longues sorties avec pas mal de seuil, la vitesse ayant été acquise auparavant grâce notamment aux 15km de la Nive où j'ai réussi à tenir à plus de 18km/h de moyenne.
Durant toutes ces longues sorties, aucun couac et je me sentais de mieux en mieux, surtout sur du long, par contre je sentais  une légère perte de vitesse lors de mes fractionnés, on ne peut pas tout avoir !
Un gros changement lors de cette préparation est au niveau diététique : j'ai demandé à ma femme de me prendre en main, et je me suis mis à ses ordres pour 15 jours avec pour objectif de perdre 2 kilos. Etant donné que je mange beaucoup de conneries et qu'un apéro ne se refuse jamais ;) , j'avais espoir qu'en faisant attention pendant ces 15 jours, je pourrai atteindre un poids que jamais je n'avais atteint !
Le régime était simple : pâte le midi, légumes le soir, toujours avec un peu de viande puis fruits lorsque j'avais un petit creux, le tout à ma faim. Le plus dur étant abstinence d'alcool ... surtout lorsqu'un certain Ludo passe à la maison pour boire sa Fischer d'un demi litre et que moi je dois rester au thé ... franchement ne pas boire un coup n'est pas humain, ça vous coupe du monde ! Heureusement que c'est que 15 jours et que je compte bien me rattraper par la suite !
Mon arrivée sur Lyon s'est bien passée, mon frère est venu me chercher à la gare vers 00h30 samedi. Un gros dodo, petit tour au marché le matin pour faire les approvisionnements car dimanche repas familial pour fêter les 1 an de la petite Louise puis retrait du dossard vers 12h30, aucune queue à faire, c'était la bonne heure pour y aller !
A midi, je refuse une bière à contre coeur et devinez que mange-t-on ? des pâtes ! 
Petite sieste l'après midi d'une heure puis on se prépare doucement.
Vers 19h00 départ de la maison direction chez Vince pour manger vous savez quoi ? Des pâtes ! lol . Chez Vince des amis nous rejoignent notamment Olivier à qui je dois une fière chandelle car c'est lui qui m'a trouvé le dossard.
22H00 départ pour sainté avec mon équipe de choc composée de Max et Charly (mes deux frères) ainsi que vince qui connait le parcours par coeur, ainsi que les sens interdits ... ;) 
Mon équipement se limite au strict minimum : c'est à dire le matos obligatoire, une réserve d'eau, 2 tubes de lait concentré et 2 figolus, le tout sur une ceinture.
Direction le hall où tout le monde attend impatiemment le départ. C'est quand même énorme de voir tous ces gens prêts à aller affronter une nuit blanche avec ce froid ! En tout cas on va en chier, du premier au dernier !
J'attends donc en compagnie d'Olivier puis vers 23h40 nous commençons à nous diriger vers le départ où déjà pas mal de personnes se sont installées dans les SAS. Mon objectif étant un top 10 et ne sachant si j'avais la chance de partir avec les "élites" je demande à un monsieur de l'organisation si je peux me permettre de partir devant et il m'a gentiment autorisé à y aller. Encore un signe du dieu de la bière qui est à mes côtés !
Je suis donc aux côtés de mecs qui font rêver avec des palmarès impressionnants ! J'en ai de la chance !
Le départ est très proche, le speaker nous demande d'allumer nos frontales, 3, 2, 1, c'est parti mon kiki !
Le départ est rapide mais sans plus, je m'attendais vraiment à pire. Bien sûr les relais prennent vite les devants mais cela ne nous regarde pas ! Je me cale donc dans un peloton composé d'une bonne vingtaine de coureurs avec Emmanuel Gault dedans. Je parle de lui car c'est le seul sur qui je peux mettre un nom sur un visage, de nom j'en connais certains mais avec nos bonnets et la nuit impossible de savoir qui sont les autres ! De plus Manu a le dossard 1 ce qui empêche de passer inaperçu ! 
Nous nous dirigeons vers la première difficulté, et je pense que la première partie assez roulante fut courue à un peu plus de 16km/h.
Ma statégie de début de course est de ne pas me mettre dans le rouge, c'est tout ! Et quand ça commence à monter je décroche du petit peloton , en effet ça va un peu trop vite pour moi et mon objectif top 10 fait que je ne veux pas m'exploser et donc pas jouer les premiers rôles.
Par contre au fur et à mesure de la montée je rattrape des coureurs, sont-ils partis trop vite ? Car je n'ai pas l'impression d'avoir accéleré. Mon rythme est donc bon jusqu'à ce que je rattrape le seul que je connaisse : le dossard numéro 1 ! Alors là, je me pose des questions: que faire ? Je me sens vraiment bien mais si je commence à dépasser Manu Gault, c'est qu'il y a un souci ? Je cogite une minute et sentant que je n'étais vraiment pas dans les tours je me dis et bien vaille que vaille, ça va chier je continue à mon rythme ! lol
Le terrain est gelé, il y a encore de la neige et j'aime ça ! Les appuis sont très bons et je me sens vraiment à mon avantage sur ce terrain glissant.
Je m'aperçois que je vais plus vite que les autres, à mon avis le fait de faire pas mal de sorties sur des terrains techniques m'a vachement aidé alors profitons-en ! Enfin ce n'est pas pour autant que c'est facile car je me suis quand même pris une bonne gamelle mais sans gravité. ( merci au dieu de la bière qui est toujours avec moi ;) )
J'arrive donc au premier ravitaillement à St Christo, KM 16 en 3ème position en compagnie de Julien Navarro . 
les skieurs de shangai !
Mon équipe de choc ( que je nommerai les skieurs de Shangaï à cause de la tonne de vêtement du Charly, on croirai qu'il part au ski ! )entre en action, Maxime au bidon me le change en 2 secondes, Vince le roi de la topographie m'encourage à fond les bananes et justement Charly me donne ma banane entière ! Ravitaillement express donc exécuté comme des professionnels avec des tonnes d'encouragement !
Retour à la course où Julien Navarro va trop vite pour moi dans les montées mais en descente je le rattrape donc nous allons faire tout le trajet jusqu'au troisième ravitaillement ensemble.
Durant toute cette partie je ne prends aucun relai car je pense être parti bien trop rapidement, être troisième à ce moment me paraît présomptueux je reste donc dans les baskets !
Toute cette partie se passe bien je me sens bien, pas dans les tours, concentration au maximum, ce n'est que le début !
Arrivé au deuxième ravitaillement, à Ste Catherine KM 30, mon équipe de choc est toujours aussi parfaite et également aussi surprise de me voir à cette position au bout de ces 30 km. Mais je suis toujours bien, normal, " que 30km " ont été faits.
Nous rattrapons le premier,  qui était parti sur un rythme d'enfer mais qui nous laissera vite partir puis soudain je commence à sentir que mon compagnon de course ralentit légèrement, je décide donc de prendre un relai car je me sens toujours super bien et c'est pas cool de laisser le même toujours en tête.
Ca va être je pense le tournant de la course. Car sans avoir l'impression d'accélerer je passe devant et je commence à distancer mon compagnon.
Alors là des tas de questions me traversent l'esprit : que se passe-t-il vraiment ? Suis-je parti beaucoup trop vite ? Est-ce que derrière ça se regroupe pour mieux revenir sur moi en accélérant sur la fin ? Faut-il en garder énormément sous le pied ? J'en sais rien !!! Mais en tout cas je profite à fond car être en tête de la Saintélyon, ne serait-ce qu'une dizaine de kilomètres est déjà une chance inouïe ! Donc je continue mon bonhomme de chemin mais une grosse inquiètude me perturbera au bout de 2h30 de course : des débuts de crampes arrivent aux mollets et derrière les cuisses ! C'est pas possible ! ça ne m'étais jamais arrivé, même aux 100 km de Millau les crampes sont arrivées après "seulement " 7h30 de course ... alors là je me dis aïe aïe aïe, il ne reste plus de 40km ça va être chaud patate ! Mais je sais que l'explication en est le froid... Je sais que je suis sensible au froid et le fait d'être sur un plateau avec un peu de vent fait que mes jambes ne réagissent pas trés bien ! Donc concentration à fond sur la foulée pour être le plus économe possible et puis ça passe ou ça casse !
Arrivée au troisième ravitaillement: les skieurs de Shangaï donnent toujours autant de voix et sont toujours aussi efficaces ! J'ai même l'impression qu'ils commencent à être plus stressés que moi car me voir arrivé en tête c'est énorme ! De même je profite de ces moments car je sais pas si ça va durer, derrière ils vont bien tenter de revenir ! 
Mais étonnamment je suis toujours assez confiant car je trouve mon rythme bon , j'en garde sous la semelle au cas où je me ferais rattraper pour rester dans les baskets de celui qui pourrait me doubler.Les débuts de crampes ont disparu, le moral est bon, donc poursuivons comme cela ! Je prie seulement de ne pas avoir de coup de bambou comme c'est arrivé a Millau au bout de 4h de course ...
Mes seuls moments "de panique" seront lorsque des relais me rattrapent : c'est arrivé 3 fois et à chaque fois je sens une lumière me rattraper puis forcément me doubler et à ces moments je prie toujours mon dieu de la bière pour que ce ne soit pas un solo qui me dépasse ! Et heureusement ce ne fut que des relais ! D'ailleurs petite dédicace à un relayeur au short de surfeur, excellent la tenue !
Arrivé au troisième ravitaillement à St Genoux, KM42 tout va toujours très bien et l'on m'annonce 5' d'avance sur mon poursuivant : punaise que ça sent bon ! Nous sommes à mi-course et 5' est assez conséquent même si une défaillance peut vite arriver et tout me faire perdre. C'est à ce moment que je me dis que quelque chose de grandiose peut se produire, ne serait-ce que terminer sur le podium ! Alors concentrons-nous et continuons ! Surtout ne pas se perdre, garder un maximum de lucidité, et regarder où mettre ses pieds .
J'espère même que la course raccourcisse pour en finir au plus vite et rester bien placé ! Mais ce ne fut pas le cas, tout le tracé a été respecté cette année, d'ailleurs super tracé ! 
Les côtes et les descentes s'enchainent, de courageux spectateurs m'encouragent, ça fait bien plaisir, puis sur les hauteurs, on a de superbes points de vue sur l'agglomération lyonnaise.
La course suit son cours et une chose m'importe c'est d'arriver au prochain ravitaillement voir les copains, leurs sourires et leurs encouragements !
Ca y est, KM 55 , ravitaillement de Soucieu, que du bonheur encore une fois, ravitaillement express, le cri de guerre des copains qui gueulent PIPE, il y a pas d'explication à ça , mais moi je croyais entendre Bite, donc je leur renvoi le cri en gueulant bite ... pas très malin mais mes neurones ne fonctionnent plus vraiment à cette heure ...
Cerise sur le gâteau, on m'annonce 8' d'avance, ça commence vraiment à sentir bon !!! Je creuse l'écart sans vraiment me donner à 100% , il reste 20km et là c'est tout l'entrainement des dernières semaines qui va payer et me faire tenir ces 20km à une bonne allure. De plus je sais que si j'arrive à Beaunan avec cette avance, la course est gagnée !
Donc le moral est gonflé à bloc, de plus je rattrape des coureurs des autres courses, double avantage à cela : des encouragements et en même temps, peu de chance de se perdre ! ça sent bon !!!
Des VTT ouvrent la route, c'est bien sympa et un gars que je ne connais pas décide de courir avec moi pour les 15 derniers kilomètres. No comment.
Tout se passe toujours parfaitement, aucun mal de ventre, pas trop froid, pas trop chaud, les bananes et le coca passent bien , génial ! Les difficultés et les descentes s'enchainent sans souci, quel bonheur !
Et là, j'arrive à Beaunan, avec 10' d'avance ! Incroyable, je pensais que derrière ça allait revenir et pas du tout, j'ai réussi à tenir la baraque, plus qu'une difficulté, cette fameuse côte qu'on m'annonce comme un mur et que je ne connais pas ( aucune reconnaissance du parcours pour moi ... ). Je la monte en trottinant et même en forçant un peu pour être sûr de ne pas se faire rattraper dans les 7 derniers kilomètres, on ne sait jamais.
Les derniers kilomètres furent avalés rapidement, des tas de choses me traversent l'esprit, je pense à ma femme, mes enfants, mes grands parents ( mes deux pépés sont d'anciens mineurs, ils en ont chié toute leur vie donc c'est pas courir 75km de temps en temps qui peut me faire du mal ... ), même en courant une certaine émotion m'emporte ...
Et là, voici l'apothéose:
Arrivée !!! Alors là c'est l'extase complet ! Je plane, je vole, qu'est ce qui m'arrive, où sont les skieurs de Shangaï, des flashs de partout, j'ai presque envie de prendre les coureurs qui arrivent de la Saintexpress dans mes bras, un truc de fou comme il m'est jamais arrivé, c'est fort, très fort et faut que j'arrive à empreindre mon cerveau de poulet de ces moments ! J'ai les larmes aux yeux ( faut pas que je pleure merde, je suis pas une gonzesse ! ) que d'émotions ! Franchement j'aimerais que chacun d'entre nous vive ça, j'ai une chance inouïe de me trouver là alors je savoure ! 
Puis on me fait avancer à un endroit pour me poser des questions avec la pancarte des sponsors de la course derrière moi, comme pour les pros du foot ! 
Je répond sur le tas à quelques questions mais une seule chose m'importe c'est de vivre ça avec mes skieurs que j'ai très envie de serrer dans mes bras, c'est des moments que je veux partager et c'est je le répète en grande partie grâce à eux si je suis là. 
Après c'est récupération du t-shirt finisher et oui j'y tiens à celui-là , et d'ailleurs pour l'anecdote la femme ne voulait pas me donner le t-shirt au début car elle croyait que je ne faisais pas la Saintelyon mais la Saintesprint ! Enfin ça n'a pas duré longtemp et j'ai eu mon t-shirt ! 
Puis là, petit moment où j'ai "râlé" : les douches étaient trop loin à mon goût et je pense que tous les finishers de la Saintélyon ont du penser ça ! ça devait représenter que quelques centaines de mètres et tu vas me dire après 75km tu peux bien faire 300m mais moi je vais te dire qu'après 75km, même 50m ça m'aurait embêté de le faire ! C'est pas vrai ? Enfin c'est partout pareil et je déconne bien sûr mais la petite douche chaude a fait du bien puis direction les journalistes pour répondre à leurs questions plus en détail, toujours accompagné des skieurs de Shangaï bien sûr.
A la table des journalistes on nous offre gentiment un café bien chaud, d'ailleurs à ce propos chapeau à toute l'organisation et à tous ceux qui filent un coup de main pour cette épreuve car eux aussi passent une nuit blanche et je pense qu'ils doivent tous être autant fatigués que les coureurs ( sans le mal de jambes quand même ) , donc merci à eux !
Il va être 8h00, nous décidons de rentrer chez Max pour se prendre un copieux petit déjeuner ( je vais quand même payer mes chocolatines ou plutôt pains au chocolat comme on dit sur Lyon ;) ) , puis on va essayer de dormir un peu avant de retourner sur Lyon pour 11h00 et la remise des prix. 
Bien sur impossible de dormir, l'excitation est toujours là, et ce qui est marrant c'est que même mes frères n'arriveront pas à dormir 1h00 tellement eux aussi ont apprécié cette aventure ! Qu'est ce que ça me fait plaisir de les savoir si contents !
Nous retournons sur Gerland et nous continuons à voir un flot de coureurs arriver, respect à eux car ils en sont à plus de 11h00 de course et ils continuent au mental pour devenir des finishers. D'ailleurs sans  cette masse de coureurs la Saintélyon ne serait pas aussi énorme qu'elle peut l'être comme aujourd'hui donc encore respect à tous les finishers, surtout les derniers !
A 11h00 les récompenses commencent, tout le monde défile, je tire mon chapeau spécialement aux catégories  V3 et V4 de la Saintélyon car réussir à finir cette épreuve à cet âge c'est beau, j'aimerais pouvoir être comme eux plus tard !
A mon tour de passer, le meilleur pour la fin comme j'aime le dire et encore un moment à ne pas oublier même si en intensité c'étais bien moins fort que l'arrivée ! Le trophée est super, il ira direct dans le salon, et ce sera le seul !
Mes skieurs sont toujours à mes cotés, et nous rentrons à la maison avec un autre objectif précis : boire le plus de bières possible !!! 
Le dimanche fut super, repas en famille pour fêter l'anniversaire de la petite Louise ( la petite fille de Max 1an ), d'ailleurs merci à la maman car elle s'est tapée toute la préparation de ce super repas sans nous vu que nous étions bon à rien !
Maintenant je suis toujours sur un nuage, je remercie tout ceux qui m'envoient des messages de félicitation, ma femme qui me supporte avec mes entraînements et mes courses puis les skieurs de Shangaï qui m'ont mis dans des conditions rêvées.
Quelques autres détails qui en intéresseront certains, ma fréquence cardiaque lors de la course a été de 145 p/m , fréquence max 162 , sachant que ma fréquence cardiaque au repos a été mesurée à 27 .
Durant toute la course j'ai tourné à des bidons remplis a moitié de coca, moitié eau sans rien d'autre et en nourriture, j'ai mangé une banane entière à chaque ravitaillement.
Tout ça pour dire que des fois  pas besoin de se prendre la tête et rester simple fonctionne aussi ... à méditer !
Un autre détail : j'aurais aimé passer au contrôle anti-dopage pour prouver que tout est sain chez moi ! 
Encore merci à tous et je crois que je peux prendre ma retraite maintenant car je vois pas ce qui pourrait encore plus me faire vibrer ! ;) (sachant que la seule chose qui m'a fait le plus vibrer est la naissance de mes deux enfants, je pense que tous les papas peuvent confirmer ! )
A bientôt !

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